~ Fiction

Couverture Roland furieux à Effiat

Couverture Diderot et le temps

Couverture Le Gout de Diderot

Couverture Fictions de la rencontre : le Roman comique de Scarron

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE L'OEil révolté

Couverture du livre de Richardson Clarisse Harlove, dans l'édition commentée par Stéphane LOJKINE

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Image et subversion

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE Brutalité et représentation

Couverture du livre de Stéphane LOJKINE La Scène de roman

Couverture du livre L’Écran de la représentation

Couverture du livre Détournements de modèles
Le porcépictura est-il une chimère ? Il devient en novembre 2020 le nouveau logo d’Utpictura18 et prépare la migration du site vers Drupal 8…

Cours donné par S. Lojkine, université de Provence, année 2009-2010
Campus Schuman, bâtiment Egger, salle C236, mardi 15h-18h

La scène de roman, genèse et histoire

Lectures du récit

Présentation du cours

On oublie ce que racontent les romans qu’on a lus. Mais on se souvient des scènes marquantes. Pourquoi la scène de roman produit-elle un effet aussi puissant et durable ? On s’interrogera sur l’origine de ce dispositif fictionnel bien particulier, sur ce qu’il emprunte au théâtre, aux techniques de la représentation, sur ce qu’il reflète aussi des conflits et des grands enjeux culturels qui lui sont contemporains, sur ce qu’il a légué enfin à notre civilisation contemporaine de l’image (cinéma, ordinateur, télévision).

Œuvres au programme

  • Mme de Lafayette, La Princesse de Clèves, éd. M.-M. Fragonard, Pocket, 1989
  • Richardson, Lettres angloises ou histoire de Miss Clarisse Harlove, éd. S. Lojkine et B. Tane, PUL, 2007
  • Proust, Du côté de chez Swann, éd. J. Milly, GF, 1987
  • M. Houellebecq, La Possibilité d’une île, Livre de Poche, 2007

 

 

Lectures complémentaires

  • Lancelot du lac, éd. François Mosès, Livre de Poche, 1991
  • Marguerite de Navarre, L'Heptaméron, éd. G. Mathieu-Castellani, Livre de Poche, 1999
  • Marivaux, La Vie de Marianne, éd. M. Gilot, GF, 1999.
  • Edgar Poe, Double assassinat dans la rue Morgue, in Histoires extraordinaires, trad. Ch. Baudelaire, GF, 1965

Bibliographie

Sujets de dissertation

Sujet n°1

Philippe Ortel définit ainsi la scène : « La scène excède la représentation en raison de son autonomie. Elle surgit dès que deux actants interagissent sous le regard d’un tiers. L’autonomie de ce dispositif frappe de secondarité la représentation elle-même, car face aux multiples scènes produites par la vie sociale, la mimésis se présente simplement comme un autre niveau d’organisation, plus élaboré sans doute, mais facultatif. » (Philippe Ortel, « Valences dans la scène », La Scène, littérature et arts visuels, dir. M. Th. Mathet, L’Harmattan, 2001, pp. 304-305.)
En quoi cette définition est-elle inattendue, voire problématique, quand il s’agit de la scène de roman ? Vous vous appuierez pour votre démonstration sur des exemples tirés des œuvres au programme.

Sujet n°2

Selon Pierre Soubias la nature de toute scène de roman serait double : « Toute scène articule une occasion et un événement, la première relevant de la contrainte collective et déterminant le volant social de la scène, le second relevant de l’aspiration individuelle et déterminant son versant psychologique. Toute scène de roman raconte le choc improbable - et qu’il faut justement rendre vraisemblable - entre ces deux faits d’ordre différent, et c’est cette coïncidence conflictuelle qui motive en profondeur la scène, bien plus que les procédés narratifs de surface qui aménagent la coïncidence. » (Pierre Soubias, « Ouvrir et fermer une scène de roman », La Scène, littérature et arts visuels, dir. M. Th. Mathet, L’Harmattan, 2001, p. 68.)
Vous illustrerez et éventuellement vous discuterez ces affirmations en vous appuyant sur des exemples tirés des œuvres au programme.

Sujet n°3

Selon Marie-Thérèse Mathet, il y aurait un paradoxe fondamental de la scène : « La notion de scène repose sur une opposition entre l’attente de celle-ci et son impossibilité puisque la vraie scène n’advient jamais. C’est parce que la révélation que postule la scène est par nature insoutenable qu’elle nécessite un cache. Voilà pourquoi la scène qui nous est montrée renvoie toujours à une autre, à jamais absente. » (Marie-Thérèse Mathet, « Quelque chose en jeu », La Scène, littérature et arts visuels, L’Harmattan, 2001, p. 68.)
Vous reformulerez et vous discuterez ce paradoxe en vous appuyant sur des exemples tirés des œuvres au programme.