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Victorin prenant son vol (Rétif, Découverte australe, 1781)
Victorin prenant son vol (Rétif, Découverte australe, 1781) Auteur : Binet, Louis (1744-1800)

Cette notice fait partie d’une série : Rétif de la Bretonne, La Découverte australe par un homme volant, 1781 (pièce ou n° 1 / 22)

Datation : 1781

Source textuelle : Rétif de la Bretonne, La Découverte australe (1781) Voyages aux pays de nulle-part, Laffont, Bouquins, 1990, p. 1111-1113

Sujet de l’image : Fiction, 18e siècle

Nature de l’image : Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)

Lieu de conservation : Troyes, Médiathèque du Grand Troyes, DG 10149
Notice n° B2062   (n°1 sur 22)  Notice suivante  Toutes les notices 
1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
1. Au-dessus de l’image à gauche « I. Vol », au centre « Frontispice », à droite « et 180. »
Titre sous l’image : « Victorin prenant son vol. »
Au verso de la page de titre : « Sujet de l’Estampe du Frontispice : Victorin prenant son vol de la pointe d’un rocher du Mont-inaccessible, pour aler à la Découverte-australe : Ses aîles sont déployées, son parasol pointu ouvert & ramenant le vent, afin de faire avancer l’Homme-volant. (Il repousse le parasol fermé dans l’Estampe suivante) : on voit vers la tête la baleine de soutien, & les deux cordons-de-ressort ; ceux de retenue tiennent aux dents du parasol : la tête de l’Homme est couverte d’un bonnet-de-poil solidement attaché : Victorin est vétu d’un habit juste, dans la forme de ceux de Matelot, qu’on fait aujourd’hui porter aux Enfans : les cordons-de-retenue des aîles tiennent aux bras : ces aîles garnissent les deux côtés du corps, depuis le haut des épaules, jusqu’au bas des jambes : elles sont de fort tafetas, soutenu par des baleines, & mises en jeu par un ressort placé sous la poitrine, qui est mu par une sangle-de-soie, laquelle tient à un cordon qui passe sous la plante des piéds, & qui est contenu le long des jambes & des cuisses par de petits anneaux-de-buis : la sangle fait mouvoir le ressort, qui communique à de petites dents latérales, destinées à mettre les aîles en action. Victorin est dans l’attitude de donner le mouvement à sa machine, en alongeant une jambe, & pliant l’autre. Son panier de provisions pend à sa ceinture ; & on voit floter la sange qui doit lui servir à porter ce qu’il enlève, &c. »
2. Gravure placée, selon les exemplaires, en frontispice, face à la page de titre, ou face à la page 80, à laquelle elle renvoie.

Analyse de l’image :
     « Sa machine lui donna, par le mouvement rapide de son rouage, le vol de la perdrix pour l’élever de terre ; et par un mouvement plus lent, le vol des gros oiseaux de passage, qui ne battent l’air qu’à des temps marqués et distincts. Il composa ses ailes de l’étoffe de soie la plus légère ; il les soutint par des fanons de baleine, plus forts à l’origine et qui, diminuant peu à peu, ressemblaient assez aux côtes de plumes des oiseaux. [...] Arrivé sur une colline isolée, Victorin s’ajusta ses ailes. Une large et forte courroie, qu’il avait fait préparer au bourrelier, lui ceignait les reins ; deux autres plus petites, attachées à des brodequins, lui garnissaient latéralement chaque jambe et chaque cuisse, puis venaient passer dans une boucle de cuir, fixée à la ceinture des reins : deux bandes fort larges se continuaient le long des côtes, et joignaient un chaperon qui garnissait les épaules par quatre bandes, entre lesquelles passaient les bras. Deux fortes baleines mobiles, dont la base était appuyée sur les brodequins, pour que les pieds pussent les mettre en jeu, se continuaient sur les côtés, assujetties par de petits anneaux de buis huilés, et montaient au-dessus de la tête, afin que le taffetas des ailes se prolongeât jusque-là. Les ailes, attachées aux deux bandes latérales extérieures, étaient placées de façon qu’elles portaient l’homme dans toute sa longueur, y compris la tête et la moitié des jambes. Une sorte de parasol très pointu, et qui dans son extension était retenu par six cordons de soie, servait à faire avancer, à aider à lever la tête, ou à prendre une situation tout à fait perpendiculaire. Comme l’homme-volant devait pouvoir faire usage de ses deux mains, le ressort qui donnait le mouvement aux ailes était mis en jeu par deux courroies qui passaient sous la plante de chaque pied de sorte que pour voler, il fallait faire le mouvement ordinaire de la marche, mouvement qui, par conséquent, pouvait s’accélérer et se ralentir à volonté. Les deux pieds donnaient chacun un mouvement complet aux deux ailes ; ils les dilataient et les faisaient battre simultanément, mais par l’effet d’un petit rouage, le pied droit opérait l’allongement du parasol fermé, et le pied gauche le ramenait en le rouvrant. Ce mécanisme était exécuté par les deux baleines collatérales, mues par une roue à deux crans qui passait sous les pieds, et qui, en tournant du même côté tirait la baleine gauche, et en continuant, accrochait un bouton de la baleine droite pour la pousser. Ces mêmes ressorts pouvaient aussi être mus avec la main. On rendait le vol stationnaire ou perpendiculaire par une certaine compression des ailes, effectuée par deux cordons, qui venaient de sous les aisselles et passaient dans une mentonnière, à laquelle la tête donnait le mouvement : l’effet des deux cordons était de faire baisser la pointe du parasol, et de la diriger dans tous les sens possibles. Les rouages de cette machine volante n’étaient que de buis ; mais ils fatiguaient peu, à l’exception des deux dents et de leurs appuis qui étaient d’acier poli, adouci par une matière onctueuse ; la seule partie sujette à périr par le frottement était la sangle qui faisait mouvoir le ressort des ailes : elle était de soie, mais de la plus grande force, et l’homme-volant en avait toujours plusieurs dans sa poche. [...] Victorin, étant donc arrivé sur une colline, monta sur un petit rocher, et donna à ses ailes d’abord le mouvement rapide du vol de perdrix. Il s’éleva ainsi de terre avec assez de facilité. Mais le peu d’habitude de se trouver en l’air lui donnait des étourdissements ; il ne put s’élever qu’en fermant les yeux. Il sentit bientôt un degré de froid assez considérable, et surtout il trouva qu’il planait avec tant d’aisance que le plus léger mouvement de ses jambes donnait aux ailes la force de la soutenir. »

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Troyes, Médiathèque du Grand Troyes
Traitement de l’image : Image Web
Localisation de la reproduction :
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 14/08/2014
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
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