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Alcippe mené yeux bandés chez une Dame (Dend hyrdinde Astrea, I, 2, 1645)

Notice #012617

Image HD

Série de l'image :
Dend hyrdinde Astrea, trad. danoise Søren Terkelsen, Lyckstadt, 1645
Auteur(s) :
Petersen, Mattis (1614-1676), graveur à Husum
1645
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Londres, British Library
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
12510.a.1.
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Alcippe habillé en cavalier est conduit, les yeux bandés, chez une Dame de condition dont il ne connaît pas le nom pour un rendez-vous galant.
   
    « — Voila, dit-elle, la premiere chose que je veux que tu me promettes, qui est de ne t’enquérir point de son nom, et de tenir ceste fortune secrette ; l’autre que tu permettes que je te bouche les yeux, quand je te conduiray où elle est. Alcippe luy dit : - Pour ne m’enquerir de son nom, et de tenir cétte affaire secrette, cela feray-je fort volontiers ; mais de me boucher les yeux, jamais je ne le permettray. - Et qu’est-ce que tu *veux craindre ? dit-elle. - Je ne crains rien, respondit Alcippe, mais je veux avoir les yeux en liberté. - O jeune homme, dit la vieille, que tu es encore apprentif ! Pourquoy veux-tu faire desplaisir à une personne qui t’aime tant ? Et n’est-ce pas luy déplaire que de vouloir sçavoir d’elle plus qu’elle ne veut ? Croy moy, ne fais point de difficulté, ne doute de rien ; quel danger y peut il avoir pour toy ? Où est ce courage que ta presence promet à l’abord ? Est-il possible qu’un peril imaginé te fasse laisser un bien asseuré ? Et voyant *qu’il ne s’en esmouvoit point : - Que maudite soit la mere, dit-elle, qui te fist si beau, et si peu hardy ; sans doute et ton visage, et ton courage, sont plus de femme que de ce que tu es. Le jeune Alcippe ne pouvoit oüyr sans rire les paroles de ceste vieille en colere. En fin apres avoir quelque temps pensé en luy mesme quel ennemy il pouvoit avoir, et trouvant qu’il n’en avoit point, il se resolut d’y aller, pourveu qu’elle luy permit de porter son espee ; et ainsi se laissa boucher les yeux, et la prenant par la robe, la suivit où elle le voulut conduire. »
Annotations :
1. Gravure non signée.
2. Deuxième livre de la première partie.