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Contes turcs. Hist. du roi Quoutbeddin (Dess. pour le Cab. des Fées) - Marillier

Notice #008542

Image HD

Série de l'image :
Marillier, Dessins pour le Cabinet des fées, 2 vol., 1785
Auteur(s) :
Marillier, Clément-Pierre (1740-1808)
Date :
1785
Nature de l'image :
Dessin (lavis)
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Manuscrits
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Fonds Rothschild, Picot 225
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
L’histoire est racontée par le 7e visir en faveur de Nourgehan que le roi Hasikin s’apprête à faire exécuter sur les instances de son épouse. Le 7e visir entend démontrer qu’il ne faut pas se hâter d’un châtiment dont on pourrait se repentir.
   Le dessin illustre le début de l’histoire :
    « Un roi de Syrie appelé Quoutbeddin, avoit un visir qui épousa une cachemirienne, dont il eut une fille d’une beauté ravissante. On la nomma Ghulroukh (1). Le roi en ayant oui parler, la voulut voir par curiosité, & il en fut si charmé, qu’il la fit élever avec soin dans son palais. A mesure qu’elle grandissoit, il [insertion gravure] prenoit de l’amour dans ses yeux, & insensiblement cet amour devint très-violent. Dès que ce prince étoit un moment éloigné d’elle, il soupiroit d’ennui. Enfin il ne pouvoit vivre sans Ghulroukh. Le père & la mère de cette charmante fille avoient aussi pour elle une tendresse extrême. Ils auroient fort souhaité de l’avoir auprès d’eux ; mais la crainte de déplaire au roi les empêchoit de le prier d’y consentir.
    Il arriva un jour que Quoutbeddin fit la débauche avec quelques-uns des béys ; il s’enivra ; & dans son ivresse, il apperçut la jeune Ghulroukh qui badinoit innocemment avec un page. A cette vue, saisi d’une fureur jalouse, il fit venir le bourreau : Va couper la tête à Ghulroukh, lui dit-il, & me l’apporte dans mon appartement.
    L’exécuteur emmena cette innocente victime hors du palais pour la décoler. Il revint quelques heures après chargé d’une tête pâle & sanglante ; & dans cet état, il se présenta devant le roi, qui lui dit : Remporte cette tête, je suis content de toi ; que l’on te donne une robe d’honneur pour avoir si bien exécuté mes ordres.
    Le lendemain matin, ce prince, quand son ivresse fur passée, demandé où étoit Ghulroukh. On lui répondit : Sire, la nuit dernière [148] vous avez ordonné au bourreau de lui trancher la tête. »
   (1) C’est-à-dire, joue de rose. [Note du Cabinet des fées.]
   
   Le roi, désespéré, jeûne et s’apprête à renoncer au trône. Son visir lui révèle alors que ce n’est pas Ghulroukh, mais une condammnée des prisons de la ville qui a été décapitée à sa place. Il lui rend Ghulroukh.
Annotations :
1. Au-dessus de l’image, en haut à gauche, « hist. du roi quoutbeddin. », à droite « tom. 16. 2ème dessein. »
Légende dans le cartouche : « je suis content de toy, que l’on te donne une | robbe d’honneur pour avoir si bien exécuté | mes ordres. »
2. 2ème illustration du volume 16.
L’Histoire du roi Coutbeddin et de la belle Ghulroukh fait partie de l’Histoire de la sultane de Perse et des Vizirs, contes turcs, Paris, 1707 (13e histoire). Ce recueil est antérieur aux 1001 jouyrs.