Aller au contenu principal

Cycle du chñteau d’Effiat sur le Roland furieux (Riom, Auvergne, 1625-1632)

Le cycle du Roland furieux qui dĂ©corait le chĂąteau d’Effiat est actuellement conservĂ© au musĂ©e d’art Roger-Quilliot Ă  Clermont-Ferrand. Il se compose de 12 tableaux, chacun d’environ 2x3 m, sans doute des cartons de tapisserie. Le marquis d’Effiat, familier de Richelieu, a Ă©tĂ© le commanditaire de ce cycle, ou tout du moins c’est lui qui l’a fait venir de Paris dans son chĂąteau d’Effiat : le cycle est mentionnĂ© dans l’inventaire du chĂąteau en 1654.
Le cycle a été acheté en 1856 par la ville de Clermont-Ferrand grùce à un don de M. Grange, antiquaire à Clermont-Ferrand. Il a été affecté au musée Roger-Quilliot en 1952.

Je propose de lire le cycle de la maniĂšre suivante :
2 tableaux introductifs, présentant Angélique puis Roland.
Une deuxiĂšme partie, de quatre tableaux, dĂ©crivant les Ă©tapes de la rĂ©vĂ©lation : comment Roland comprend progressivement l’histoire d’AngĂ©lique.
Une troisiĂšme partie, de quatre tableaux, dĂ©crivant les Ă©tapes de la folie : comment Roland dĂ©chaĂźne sa fureur et quitte progressivement l’humanitĂ© pour la bestialitĂ©.
2 tableaux conclusifs, centrĂ©s sur Isabelle et Zerbin, font pendant aux deux tableaux introductifs et prĂ©sentent les bonnes pratiques de la chevalerie, qu’ils opposent aux mauvaises qui ont conduit Roland Ă  la folie.

L’idĂ©e d’associer l’histoire d’Isabelle et Zerbin Ă  celle de Roland et d’AngĂ©lique a pu ĂȘtre confortĂ©e par le thĂ©Ăątre. Voir La Folie d’Isabelle d’Alexandre Hardy, tragicomĂ©die perdue (s’il s’agit bien de l’Isabelle de l’Arioste), l’Isabelle de Jean Thomas, imitĂ©e de l’Arioste, et l’Isabelle de Nicolas de Montreux. Ces piĂšces furent composĂ©es Ă  la fin du rĂšgne de Henri IV, avant 1610. Dans le Roland de Mairet, imprimĂ© en 1640, l’histoire de Roland est associĂ©e Ă©galement Ă  celle d’Isabelle. Mairet imagine, pour resserrer l’action, qu’AngĂ©lique et MĂ©dor sont encore dans la maison du berger au moment oĂč Roland arrive.
Ajoutons Ă  ces piĂšces la TragĂ©die française des parfaites amours de Zerbin et d’Isabelle, princesse fuitive, publiĂ©e Ă  Troyes par N. Oudot en 1618 et 1621. La piĂšce serait de Charles Bauter. Il y a aussi la TragĂ©die françoyse des amours d’AngĂ©lique et de Medor, « tirĂ©e de la Rioste Â», publiĂ©e Ă  Troyes en 1614 chez le mĂȘme N. Oudot (la rĂ©Ă©d. Ă  Troyes chez NoĂ«l Laudereau, s.d., comporte une gravure frontispice. Bnf : RĂ©s. Yf-4673)
Voir également Isabelle, tragedie par Ollenix du Mont-Sacré, gentilhomme du Magne, Tours, 1592, rééditée en 1601.
Ce thĂ©Ăątre a Ă©tĂ© influencĂ© par les Imitations de l’Arioste de Philippe Desportes, « Roland furieux Â» et « AngĂ©lique Â». Voir les « Imitations de quelques chans de l’Arioste par divers poetes François Â», Paris, Lucas Breyer, 1572.

Ces tableaux, ou au moins certains d’entre eux, ont servi de modĂšles pour des tapisseries. Les cartons de tapisserie correspondants (quatre d’entre eux en tous cas) se trouvaient en 1661 dans l’atelier du lissier parisien RaphaĂ«l de La Planche, au faubourg Saint-Germain.

12 notices correspondent Ă  votre recherche. Affichage des notices 1 Ă  12.
Le texte saisi sera recherché dans le titre, les annotations ou l'analyse de l'image.