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Domenico Beccafumi, Fresques du Palazzo Pubblico de Sienne

En 1487, Pandolfo Petrucci prend le pouvoir Ă  Sienne, selon les uns comme dĂ©fenseur de la libertĂ© de la rĂ©publique, selon les autres comme tyran. En 1493, Sienne passe sous le contrĂŽle de Charles VIII et des Français. : Petrucci gouverne de 1494 Ă  1524. Il est alors renversĂ© par une coalition de dĂ©mocrates et d’oligarques. Les oligarques de la grande bourgeoisie siennoise prennent d’abord le contrĂŽle du pouvoir, mais sont eux-mĂȘmes chassĂ©s en 1525 par les dĂ©mocrates radicaux, les Libertini : c’est eux qui sont aux commandes en avril 1529, quand la rĂ©publique passe commande des fresques pour la Salle du Consistoire. En 1530, Sienne reçoit la visite de Charles-Quint, pour entĂ©riner les accords conclus en 1526 entre la rĂ©publique et l’Espagne : les dĂ©mocrates s’appuient sur l’Espagne contre les oligarques soutenus par Rome. Nouveau passage de Charles-Quint Ă  Sienne en 1536 : il demande Ă  visiter le Palais Public et « selon le dire de quelques uns des seigneurs » prĂ©sents, il s’arrĂȘte pour regarder les fresques de Beccafumi.
Sienne doit se rendre en 1555 Ă  Cosme Ier de MĂ©dicis. Elle est alors intĂ©grĂ©e au Grand-DuchĂ© de Toscane et cesse d’ĂȘtre une rĂ©publique.
C’est dans la salle du Consistoire que se rĂ©unissait la magistrature suprĂȘme de la ville. Le programme iconographique comporte trois personnifications, Bienveillance mutuelle, Justice, et Amour de la Patrie, huit personnages illustres dans les demi tondi, et huit reprĂ©sentations narratives (storie). Ces huit derniĂšres n’ont pas de prĂ©cĂ©dent Ă  Sienne. La salle est rectangulaire : l’histoire de Codros se trouve Ă  un bout de la salle, Emilius Lepidus et Flavius Flaccus Ă  l’autre bout. Les murs longs comportent quant Ă  eux chacun trois scĂšnes.
Le programme est un programme rĂ©publicain radical : Sienne est un des derniers bastions rĂ©publicains dans une rĂ©gion oĂč toutes les rĂ©publiques sont devenues progressivement des principats. Pour la rĂ©publique, les fresques recommandent le sacrifice de la vie et l’exĂ©cution des traĂźtres. Pascale Dubus formule l’hypothĂšse qu’en 1535 Charles-Quint est en quelque sorte attirĂ© dans la salle du consistoire pour ĂȘtre le tĂ©moin involontaire des exempla de vertu rĂ©publicaine qu’elle contient : au moment oĂč la citĂ© dĂ©clare son allĂ©geance, les images disent le contraire.

Sur le cycle des peintures politiques de Beccafumi au Palais public de Sienne, voir l’article de Florence Chantoury-Lacombe, « L’exemplum doloris. Domenico Beccafumi et le palais public de Sienne, une anatomie politique du pouvoir », http://shakespeare.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=543, et l’article historiquement trĂšs documentĂ© de Pascale Dubus, « Politiques de la reprĂ©sentation de la mort : la rĂ©publique, le peintre, l’empereur. Les fresques de Domenico Beccafumi au Palais public de Sienne (1529-1535) », Ecole française de Rome, 1987, http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_0223-5110_1987_num_99_2_2947.
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