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Combat de Gauvain contre Segurade (Lancelot du lac, Ms Fr 114)
Combat de Gauvain contre Segurade (Lancelot du lac, Ms Fr 114)
Cette notice fait partie d’une série : Lancelot du lac, Bnf ms fr 114 (pièce ou n° 254 / 7)

Datation : 1470   (date conjecturale)

Source textuelle : Lancelot du lac, début du 13e siècle Vol. II, chap. LV, éd. Elspeth Kennedy, Lettres gothiques, 1993, p. 111-117

Sujet de l’image : Fiction, 13e siècle. Lancelot du lac

Objet indexé dans l’image : La scène a un public

Nature de l’image : Enluminure

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque nationale de France, Manuscrits, Français 114, folio 254 recto
Notice n° B5535   (n°1 sur 1) 
1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
Mentions sur la page en dehors de l’image.
1. Rubrique sous l’imge : « C. messire gauuain se combat contre Segurades et loultra darmes et ct. g[auuain] sen ala et la da[m]e de rastor ne sen prit g[ar]de. »

Analyse de l’image :
     « Un moment après, la dame de Roestoc s’éloigne et va attendre à quelque distance avec les autres dames. Gauvain attache ses gantelets et relève sa ventaille. Hector lui lace le heaume, et le sénéchal lui présente le cheval de combat. Quand il est monté, Hector lui tend l’écu, le sénéchal la lance. Il passe dans l’enceinte fermée ; Segurade y entre de l’autre côté. Alors, ils se mesurent des yeux, prennent du champ et se rapprochent; l’écu serré sur la poitrine, et lance sur feutre. Les chevaux sont lancés; les glaives éclatent dès le premier choc. Gauvain et Segurade reviennent l’un sur l’autre, s’étreignent et tombent ensemble si lourdement, qu’en les voyant immobiles on les eût crus mortellement atteints. Segurade se dégage, se redresse, met la main à l’épée, passe son bras dans les enarmes de son écu, et revient sur Gauvain au moment où il se relevait. Ce fut alors un échange de coups d’estoc et de taille. Ils fendent, écartèlent et découpent leurs écus; ils faussent les heaumes, et font pénétrer la pointe de l’acier dans les hauberts. Telle est la sûreté de l’attaque, la vigueur de la défense, qu’on ne sait à qui des deux donner l’avantage. Enfin, cédant à la même fatigue, ils laissent tomber leurs bras, et semblent garder à peine la force de retenir leurs écus. Ce temps d’arrêt fut court; tels que deux lions furieux, ils reviennent l’un sur l’autre, et rassemblent dans un dernier effort, tout ce qui leur reste de vigueur. Aux approches de midi, messire Gauvain se contente de la défensive ; l’ardeur de Segurade s’en accroît. Il était, on le sait, dans la destinée de Gauvain de n’avoir plus aux approches de midi que la valeur d’un guerrier ordinaire: mais une fois le soleil au milieu de sa course, il se ranimait et déployait la vigueur de deux hommes. Segurade s’en aperçut bientôt: comme il pensait l’avoir outré, le voilà qui reçoit des coups terribles, et se voit, à son tour, rudement mené. Ce n’est plus un homme, c’est un démon auquel il croit avoir affaire: il se garde, il se dérobe; c’en est fait, l’invincible sera vaincu; adieu sa renommée, adieu la conquête de la dame qu’il aime. Le sang perdu, les blessures ouvertes, le soleil ardent tombant à plomb sur son heaume décerclé, tout rend sa défaite inévitable. Il recule, il se roule, il se dérobe; efforts inutiles, un coup suprême le fait tomber sur les mains, et quand il essaye de se relever, Gauvain lui pose un genou sur la poitrine, délace son heaume et du pommeau de son épée le frappe au front, au visage. “Merci ! crie-t-il. — Avouez donc que vous êtes conquis et outré. — Merci, gentil chevalier ! mais ne m’obligez pas à dire le mot honteux. — C’est à votre dame à décider.» On va dire à la dame de Roestoc que son chevalier a vaincu; elle arrive transportée de joie, tombe aux pieds de Gauvain, baise les mailles de ses chausses, l’or de ses éperons. «Madame, que voulez-vous de ce chevalier ? — Sire, il n’est pas à moi, mais à vous; faites-en votre plaisir. — Non, dame, je suis votre champion, j’ai défendu votre droit; vous seule êtes la maîtresse. Je vous dirai seulement que Segurade, un des meilleurs chevaliers du monde, vous crie merci. — Cher sire, dit la dame, ce que vous ferez sera bien fait.” Gauvain alors le releva et Segurade se reconnut vassal de la dame de Roestoc. »
   

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Paris, Bibliothèque nationale de France
Traitement de l’image : Image Web
Localisation de la reproduction : http://gallica.bnf.fr
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 12/12/2017
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 13/12/2017
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