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« Passé et présent » est le titre généralement donné à la série de trois peintures à l'huile réalisées par Augustus Egg en 1858, conçues pour être exposées ensemble sous la forme d'un triptyque. Lors de leur première exposition à la Royal Academy en 1858, les tableaux n'avaient pas de titre, mais étaient accompagnés d'une citation fictive à la manière d'un extrait de journal intime :
« 4 août – Je viens d'apprendre que B… est morte depuis plus de quinze jours, si bien que ses pauvres enfants ont désormais perdu leurs deux parents. J'ai entendu dire qu'on l'avait vue vendredi dernier près du Strand, manifestement sans endroit où poser sa tête. Quelle chute pour elle ! ».
Ce triptyque dépeint la découverte de l'adultère d'une épouse et ses conséquences désastreuses sur une famille victorienne de la classe moyenne. L'artiste laisse au spectateur le soin de déterminer si la femme doit être condamnée ou plainte. Ces tableaux reflétaient les craintes que la moralité publique et la vie familiale ne soient menacées par la récente loi de 1857 sur les litiges conjugaux (Matrimonial Causes Act), qui réformait le droit du divorce en transférant la compétence des tribunaux ecclésiastiques aux tribunaux civils, et faisait du divorce une perspective réaliste pour les classes moyennes.
Ces œuvres ont été influencées par le tableau de William Holman Hunt intitulé « The Awakening Conscience » (La conscience qui s'éveille), datant de 1853. On ne sait pas avec certitude comment elles ont acquis le titre « Passé et présent », qui n’a semble-t-il jamais été utilisé par l’artiste et qui apparaît pour la première fois dans le catalogue de vente aux enchères des œuvres d’Egg après sa mort en 1863. On suppose qu’il provient d’une mauvaise interprétation des « Academy Notes » de John Ruskin, dans lesquelles ces œuvres sans titre sont évoquées à la suite d’une critique d’un tableau portant ce titre.
Lors de l'exposition de 1858, le n°1 était accroché au centre, le n°3 à gauche, le n°2 à droite. Dans ses « Notes de l'Académie » (8 mai 1858), Ruskin décrit les trois œuvres ainsi :
« Dans le tableau central, le mari découvre l'infidélité de sa femme ; il meurt cinq ans plus tard. Les deux tableaux latéraux représentent le même moment de la nuit, deux semaines après sa mort. Le même petit nuage se trouve sous la lune. Les deux enfants l'aperçoivent depuis la chambre où ils prient pour leur mère disparue ; leur mère voit la même lune voilée depuis l'arrière d'un bateau amarré sous une voûte sur la rive du fleuve. »