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Recherche infructueuse

Comme on y arriue par diuers moyens, aussi en peut-on faire la peinture diuerse. En celle-cy elle est representée par un squelet, couuert d’un riche manteau de brocatel, d’autant qu’auecque la mesme main dont elle despoüille de leur biens les Grands du monde, elle guerit de leurs maux les miserables.

Elle est déguisée d’un beau masque, pource qu’elle ne se monstre pas à tous auec un mesme uisage : car prenant à tout moment autant de formes que les Poëtes en donnent à Prothée, elle est douce aux uns, & terrible aux autres ; indifferente aux gens de cœur, & odieuse aux courages lasches. En un mot, tels que sont les hommes en leurs humeurs, tels ils se la figurent en leur imagination ; & peut-on bien dire que leurs opinions sont les masques de la mort : car comme dans la uie ciuile, la Religion, la Patrie, l’Honneur, & les Interests publics, sont des choses qui les touchent de fort prés, aussi n’apprehendent-ils point de s’immoler pour leur deffense.

On la pourroit couronner encore d’une Guirlande de Laurier, pour monstrer, Que son empire est uniuersel sur tous les hommes : car c’est sa coustume de traitter également les pauures & les riches, les grands & les petits, les forts & les foibles, les ignorans & les doctes ; De ne se laisser fléchir, ny par prieres, ny par raisons ; d’auoir les yeux bandes quand elle décoche ses flesches ; de n’espargner ny aage, ny condition ; & de ne respecter non plus les sceptres des Princes, que les houlettes des bergers, ce qui ne peut mieux estre exprimé que par ces beaux uers du plus ingenieux, & du plus poly de tous nos Poëtes Lyriques, M. de Malherbe.

La Mort d’un coup fatal toutes choses moissonne,
Et l’arrest souuerain,
Qui ueut que sa rigueur ne connoisse personne,
Est escrit en airain.

Le Pauure en sa cabane, où le chaume le couure
Est sujet à ses Loix ;
Et la Garde qui ueille aux barrieres du Louure
N’en defend point nos Rois.

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