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Le Bien-faisant, ou Quiribirini (Les illustres fées, 1710)

Notice #010001

Image HD

Série de l'image :
Les illustres fées, contes galans, Amsterdam, E. Roger, 1710
Date :
1710
Nature de l'image :
Gravure sur bois
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Munich, Bayerische Staatbibliothek
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
P.o.gall. 780
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Un roi a épousé une princesse dont la santé est si délicate qu’elle ne peut avoir d’enfant. On lui conseille un homme versé dans les sciences occultes qui confectionne un bouilloin pour la reine. La reine a bientôt un fils parfait. Les parents du jeune prince meurent subitement et le roi voisin lui déclare la guerre. Mais le jeune roi gagne la guerre et gourverne avec sagesse.
    Mais ce prince, qui se passionne pour la chasse, n’éprouve aucune attirance pour les dames. Un jour en forêt, il rencontre « un homme de fort mauvaise mine » poursuivant un serpent. Le serpent cherche protection derrière le roi, qui prend sa défense et met l’homme en fuite (c’est l’image).
    Le serpent conduit alors le roi auprès d’« un jeune homme qui paraissait endormi », celui-ci se réveille et le serpent tombe mort. L’homme lui révèle alors qu’il est celui qui a permis à sa mère de retrouver la santé et d’accoucher de lui. Le défunt roi l’avait alors surnommé « le Bienfaisant ». Poursuivi par cet individu malveillant, il avait passé dans le corps du serpent pour lui échapper plus facilement.
    Le jeune roi demande à Bienfaisant de lui enseigner son secret, mais celui-ci le conduit d’abord dans son antre. A l’intérieur c’est une succession de cabinets magnifiques, où Bienfaisant fait apparaître toutes les Dames de la cour, puis toutes les princesses étrangères, dans des vêtements magnifiques. Mais le jeune roi est indifférent, jusqu’à l’apparition d’une princesse d’une beauté merveilleuse.
    Bienfaisant lui apprend alors que cette princesse est une reine assiégée par un roi affreux qu’elle refuse d’épouser, qu’il aide par son art cette reine à résister, et que l’homme qui le poursuivait n’est autre que le père magicien de ce méchant prétendant. Bienfaisant révèle alors son secret : en pronconçant « Quiribirini », il aura le pouvoir de se transformer en l’animal qu’il voudra. Il faudra tirer d’un arc magique, qui fera tomber l’animal mort à ses pieds. Il pourra alors sortir de son corps et entrer dans celui de l’animal.
    Bienfaisant et le prince se changent alors en oiseaux pour rejoindre le royaume de la reine assiégée. Là Bienfaisant entre dans le corps d’un scorpion et pique mortellement le « tyran ». Le jeune roi a entre temps fait appreiller une expédition navalle fort galante, qui est reçue en triomphe au port de la reine. La reine épouse le roi et ils regagnent les états du roi.
    Pendant ce temps le père magicien du tyran tué par Bienfaisant médite sa vengeance. Il envoie à la cour du Roi son neveu, qui est bezu et méchant. Celui-ci devient son favori et son confident, sauf pour le secret touchant à l’antre de Bienfaisant. Le favori feint de s’affliger de ce manque de confiance et de tomber malade. Le roi vaincu lui montre son secret, il entre devant lui dans le corps d’une biche, et le favori en profite pour entrer dans le corps du roi.
    Pourtant, quand il se présnete devant la Reine, celle-ci ressent une aversion immédiate (sous l’effet de l’art de Bienfasant). Cependant le faux roi entreprend de tuer méthodiquement toutes les biches de la forêt. Mais le roi passe de la biche dans un poisson puis dans un perroquet, vole à la cour et raconte son aventure à la reine et à un seigneur de la cour. Ils font venir le faux roi, l’étouffent et le vrai roi peut repasser du corps du perroquet dans son corps de roi. Bienfaisant rejoint alors le roi et la reine et « fut pendant près d’un siècle le plus accrédité favori que les Princes aient jamais eu. »
Annotations :
2. Reprise, exceptionnellement dans le même sens, de la gravure plus frustre (sur bois ?) de l’édition de Paris, M.-M. Brunet, 1698, cote Bnf Y2-8798, Arsenal 8-BL-19106, microfilm de mauvaise qualité reproduit sur Gallica.
P. 227 dans l’éd. de 1698.
3. Toute cette histoire est une réécriture de la 1ère nouvelle des Trois Princes de Serendip, de Cristoforo Armeno (l’histoire du roi Oziam, contée dans le 1er château de l’empereur Behram).