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Corésus et Callirhoé - Fragonard
Corésus et Callirhoé - Fragonard

Notice #001099

Image HD

Série de l'image :
Paris, Salon de 1765
Auteur(s) :
Fragonard, Jean-Honoré (1732-1806)
1765
Nature de l'image :
Peinture sur toile
Sujet de l'image :
Sujet mythologique. Corésus et Callirhoé
Lieu de conservation :
Paris, Musée du Louvre
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
INV 4541
Sujet de recherche :
S. Lojkine, L’Œil révolté, chap. 4, La relation esthétique
Traitement de l'image :
Scanner
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :

Livret du Salon de 1765 :
    « Par M. Fragonard, Agréé.
    176. Le grand prêtre Corésus se sacrifie pour sauver Callirhoé.
    Ce Tableau est au Roi, & est destiné à être exécuté en Tapisserie, dans la Manufacture Royale des Gobelins. Il a 12 pieds 6 pouces de largeur, sur 9 pieds 6 pouces de hauteur. »
   
   Deloynes 8, 107. Critique des peintures et sculptures de messieurs de l’Académie royale. L’an 1765. (anonyme sl), p. 30.
    « Par M. Fragonard, Agréé.
    Un tableau représentant le Grand-Prêtre Corésus qui se sacrifie pour sauver Callirhoé.
    Il est des plus beaux du Sallon, & s’est attiré le suffrage unanime des connoisseurs. Quelle action & quel feu dans ce Grand-Prêtre ! Quelle expression de sentimens dans cette [31] femme : tout y fixe les regards, & mérite les plus grands éloges.
    Ce tableau est composé avec feu ; les expressions en sont nobles : on y admire le suave & l’entendement du clair obscur : on n’y désireroit qu’un peu plus de vérité. Cet Auteur mérite de grands éloges : il promet de faire un jour un des plus grands Peintres. Il a beaucoup de feu, de génie & des dispositions très-heureuses. »
   
   Mercure de France, octobre 1765, p. 164-166 :
    « L’heureux génie qui influe sur notre école françoise a paru s’empresser à réparer ou du moins adoucir se spertes, en produisant au grand jour le talent de M. Fragonard. Un tableau représentant le Grand-Prêtre Corésus qui s’immole lui-même pour sauver Callirhoë, étoit le morceau présenté par ce candidat, pour être agréé à l’Académie. On sait que non-seulement il obtint tous les suffrages, mais que M. le Marquis de Marigny, toujours attentif à l’encouragement des Artistes, retint dès-lors ce tableau pour le compte du Roi. Ce morceau parut un phénomène de progrès digne d’être exposé dans le moment à la vue & à l’examen des curieux sous les yeux desquels il resta quelque temps. C’est le même qu’on a vu au salon.
    La seule composition de ce tableau est importante par la richesse, par la netteté, & l’on pourroit dire par une sorte d emajesté qui règne dans l’ordonnance ; mais ce qui le rend encore plus remarquable, est une sorte de magie d epeinture, un emploi des lumières & de sombres, une harmonie des tons qui produit un effet dont on ne peut donner d’idées bien précises. Il semble que ce jeune Artiste se soit fait de tous les genres, de toute sles manières des plus excellens maîtres, une manière uniquement à lui-même, & qui ne peut s’assimiler à aucune de celles que l’on connoissoit. Nous ne sommes pas assez téméraires pour tenter de bien expliquer d’où provient ce suave dans le pinceau de M. Fragonard qui flatte, qui satisfait si agréablement la vue, cette netteté, cette décision des objets malgré une sorte de vapeur qui semble un peu répandue sur le ton général du tableau.
    La figure de Callirhoé ets d’une grande beauté ; on y distingue à la première vue l’état d’évanouissement, la pâleur & les premières hotrreurs de la mort qui se peignent sur le visage de Corésus dans l’instant qu’il vient de se frapper. Qu’il nous soit permis de faire, d’après notre propre expérience, autorisée par celle de tous ceux qui ont vu ce tableau, une remarque sur l’équivoque que jette dans la représentation du sujet, le caractère efféminé de la tête de Corésus. Equivoque qu’entretient encore la forme des habillemens de ce grand Prêtre, dont la draperie bouffante sur la poitrine, empêche la taille d’indiquer la distinction d’âge & de sexe qui conviendroit entre un grand Prêtre de Bacchus, & la jeune & belle Princesse qu’il se disposoit à immoler. L’inattention de convenance qui rend quelquefois les sujets les plus connus, des énigmes inexplicables, est sans doute un défaut que les meilleurs Peintres n’ont pas toujours assez soin d’éviter, mais il n’enève rien au mérite de M. Fragonard dans les parties essentielles de son art. »

Annotations :

2. Commandé pour la manufacture des Gobelins en 1765 pour la tenture des amours des dieux. Présenté par Fragonard comme morceau d’agrément à l’Académie le 30 mars 1765.
3. Gravé par Jacques-Claude Danzel en 1773. Pour l’encadrement de colonnes et la composition d’ensemble, comparer avec le dessin de J.B.M. Pierre, Aman et Mardochée (Louvre, inv. 32395), inspiré de J.-F. de Troy (Louvre, inv. 8214).