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Roland délivre Olympe de l’orque (Rol fur Plassan 1795, ch11) - Cochin
Roland délivre Olympe de l’orque (Rol fur Plassan 1795, ch11) - Cochin

Notice #001146

Image HD

Série de l'image :
Lodovico Ariosto, Orlando furioso, Paris, Plassan, 1795, 4vol gr in-4°
Auteur(s) :
Ponce, Nicolas (1746-1831)
Cochin le jeune, Charles-Nicolas (1715-1790)
1776
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés yd 91, volume 1
Sujet de recherche :
Iconographie du Roland furieux
Traitement de l'image :
Scanner
N° de commande :
2110189
Date de commande :
22/06/2001
Photo sur papier
Localisation de la reproduction :
Montpellier, Inst. de rech. sur la Renaissance l’âge classique & les Lumières

Analyse

Analyse de l'image :

   Olympe avait été exposée par les Ébudiens sur le rocher pour l’orque. Roland survient et tue l’orque en lui enfonçant l’ancre de son bateau dans la gueule et en tirant le monstre sur le rivage.     Cet épisode est la répétition parodique du premier grand combat de Roger contre l’orque, pour délivrer Angélique (fin du chant 10, début du chant 11), lequel constituait lui-même une parodie de Persée et Andromède. Non seulement Roger ne posséda pas Angélique, mais Roland délivre Olympe, non Angélique, Olympe dont il a déjà été le champion au chant 9.     Le massacre des Ébudiens par les Irlandais laisse Roland de marbre et le roi Obert, qui vient fort à propos constater l’exploit de Roland, tombe opportunément amoureux d’Olympe afin de débarrasser Roland de cette Dame qui n’est pas la sienne...         L’idée originale de Cochin a été ici de faire de la gueule de l’orque l’espace restreint de la scène. Olympe, depuis l’espace vague, voit Roland disparaître dans cette gueule : son visage terrifié nous indique ce qu’elle comprend de la scène ; pour elle, Roland est englouti par le monstre. Nous voyons quant à nous ce qu’elle ne peut pas voir, l’intérieur de la gueule du monstre. De cette façon est signifié l’interdit du regard, la gueule constituant l’écran de la représentation. C’est le dispositif imaginé par Cochin qui nous permet de voir par effraction ce qu’Olympe ne voit pas.     Du coup, une curieuse équivalence s’établit entre le regard terrifié de l’orque et celui d’Olympe...     Roland quitte sa barque pour pénétrer dans la gueule : il passe de l’espace vague dans l’espace restreint. C’est ce mouvement, ce passage, qui constitue le moment choisi en instant prégnant. Alors que la barque renvoie au voyage passé de Roland, Olympe sur le rivage évoque les suites de sa victoire à venir.

Annotations :

1. En haut à gauche : « Ch.nt XI ». Signé en bas à gauche « C. N. Cochin delin. », à droite « N. Ponce sculp. 1776 ». Cachet de la bibliothèque impériale. 2. Cette gravure est reprise de l’édition Brunet, Paris, 1776. 3. A mettre en relation avec le chant XI du Roland furieux, stance 37 : Tosto ch l’orca s’accostò, e scoperse nel schifo Orlando con poco intervallo, per ingiottirlo tanta bocca aperse, ch’entrato un uomo vi saria a cavallo. Si spinse Orlando inanzi, e se gl’immerse con quella àncora in gola, e s’io non fallo, col battello anco ; e l’àncora attaccolle e nel palato e ne la lingua molle Sitôt qu’en arrivant, cet orque a découvert Roger dans son esquif à très peu de distance, pour l’engloutir il ouvre une si grande bouche qu’un homme y entrerait monté sur son cheval. Roland s’avance alors, s’engouffre dans sa gueule avec son ancre et, si je ne me trompe pas, avec aussi sa barque, et attache cette ancre ici dans son palais, là dans sa langue molle ;