Aller au contenu principal
Arrestation du roi à Varennes le 22 juin 1791 - Berthault d’après Prieur

Notice #017142

Image HD

Auteur(s) :
Prieur, Jean-Louis (1759-1795)
Berthault, Pierre-Gabriel (1737-1831)
1802
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Histoire moderne. 18e siècle. La révolution française. Varennes
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Cabinet des Estampes
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
RESERVE FOL-QB-201 (125)
Traitement de l'image :
Image web
Localisation de la reproduction :
https://gallica.bnf.fr

Analyse

Analyse de l'image :
Le roi attablé à droite, bedonnant et en habit bourgeois, se détache à peine dans le tumulte général. Derrière lui, un aristocrate en perruque se désole. A la droite du roi, la reine, portant également un chapeau bourgeois, nous regarde en coin. A gauche, parmi la troupe venue arrêter le roi, visage fermé et irrité, un officier en tricorne, un patriote portant le bonnet phrygien. La nuit est tombée dehors, d’où les flambeaux qu’ils tiennent à bout de bras et qui fument.
   
   Michelet, au tome II de son Histoire de la Révolution française, décrit cette scène d’après Choiseul, avec de légères différences.
    Il note le vêtement du roi : « Ce déguisement qui choquait rapprochait Louis XVI de la condition privée, pour laquelle il était fait. À consulter son aptitude, il était propre à devenir, non valet sans doute (il était lettré, cultivé), mais serviteur d’une grande maison, précepteur ou intendant, dispensé, comme serviteur, de toute initiative ; il eut été un économe exact et intègre, un précepteur assez instruit, très moral, très consciencieux, toutefois dans la mesure où un dévot le peut être. L’habit de serviteur était son habit réel ; il avait été déguisé jusque-là sous les insignes menteurs de la royauté. »
    Et voici comment il raconte l’intrusion de l’officier d ela garde nationale de Paris : « La porte s’ouvre. Un homme entre, un officier de la garde nationale de Paris, figure sombre, toute défaite, fatiguée, mais exaltée, cheveux sans frisure ni poudre, l’habit décolleté. Il ne dit que des mots entrecoupés : Sire, dit-il, vous savez… tout Paris s’égorge… Nos femmes, nos enfants, sont peut-être massacrés ; vous n’irez pas plus loin… Sire… L’intérêt de l’État… Oui, Sire, nos femmes, nos enfants !!… À ces mots, la reine lui prit la main avec un mouvement énergique, lui montrant M. le dauphin et Madame qui, épuisés de fatigue, étaient assoupis sur le lit de M. Sauce : Ne suis-je pas mère aussi ? lui dit-elle. — Enfin que voulez-vous ? lui dit le roi. — Sire, un décret de l’Assemblée… — Où est-il ? — Mon camarade le tient. La porte s’ouvrit, nous vîmes M. de Romeuf appuyé contre la fenêtre de la première chambre, dans le plus grand désordre, le visage couvert de larmes, et tenant un papier à la main ; il s’avança les yeux baissés. — Quoi ! Monsieur, c’est vous ! Ah ! je ne l’aurais jamais cru !… lui dit la reine. Le roi lui arracha le décret avec force, le lut et dit : Il n’y a plus de roi en France. La reine le parcourt, le roi le reprend, le relit encore et le pose sur le lit où étaient les enfants. La reine avec impétuosité le rejette du lit en disant : Je ne veux pas qu’il souille mes enfants. Il s’éleva alors un murmure général parmi les municipaux et les habitants présents, comme si l’on venait de profaner la chose la plus sainte. Je me hâtai de ramasser le décret et le posai sur la table. »
    Sur la gravure, le papier du décret, central dans le récit, n’apparaît pas. Comparer avec la caricature de 1838.
Annotations :
1. Signé sous la gravure à gauche « Prieur inv. & del. », à droite « Berthault Sculp. »
2. Collection Michel Hennin. Estampes relatives à l’Histoire de France. Tome 125, Pièce 10997.