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La Remontrance paternelle / Scène de bordel - Gerard Terborch

Notice #001762

Image HD

Auteur(s) :
Ter Borch, Gerard, ou Terburg, le jeune (1617-1681)
Date :
1654
Nature de l'image :
Peinture sur toile
Sujet de l'image :
Sujet de genre. Scène d’intérieur
Lieu de conservation :
Amsterdam, Rijksmuseum
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
SK-A-404
Traitement de l'image :
Image web
N° de commande :

Analyse

Analyse de l'image :
Goethe, dans une page de ses Affinités électives, décrit ainsi le tableau, qu’il aurait connu d’après la gravure de Wille :
    « Un père, un noble chevalier, est assis, les jambes croisées, et semble adresser des reproches sévères à sa fille, debout devant lui. D’une taille avantageuse, vêtue d’une robe de satin blanc à grands plis, elle n’est vue que par derrière, mais toute sa pose annonce qu’elle fait un effort sur elle-même. Cependant la remontrance n’est point vive et humiliante : on le voit à la figure et au geste du père. Pour la mère, elle semble dissimuler un peu d’embarras, car elle regarde dans un verre de vin, qu’elle est sur le point de boire. »
   
   Franz Bellens, en 1911, reste encore grosso modo fidèle à l’interprétation de Goethe (Gérard Terborch, Bruxelles, G. Van Oest & Cie) :
    « Ce que révèlent cet homme assis dans une pose d’un calme déconcertant, avec ce geste de la main droite à la fois énergique et réservé, cette femme dont le regard embarrassé ne peut se détacher de son verre, ce n’est pas une faute plus ou moins grave d’une jeune femme en satin blanc. C’est tout un coin de vie concentrée et intense. Trois gestes, d’une extrême simplicité, y suffisent. La jeune femme est bien chez elle. Tout y respire son parfum. Elle n’est point volage ; sur la table, les objets de sa toilette sont rangés avec ordre. Ainsi donc, cette femme, dont la conduite mérite les reproches parternels, se trouve être d’un aspect aussi digne que la plus parfaite des épouses ; elle a sans doute des amants, elle mène une vie galante, et toute sa dissipation se trahit dans un ajustement d’un goût si sobre, dans ce miroir qui repose sur la table, comme un livre ouvert, et dans ce décor sans surcharge où l’alcôve à peine se devine... L’amour est-il donc chose si coupable, qui se consomme dans cet ordre, avec tant de mesure qu’on le croirait plutôt réglé par quelque rite austère que par le caprice ou la passion ? »
   
   Cette interprétation du tableau est abandonnée aujourd’hui, et le tableau porte au Rijksmuseum le titre de « Conversation galante ». Il s’agit là d’un euphémisme, pour une scène de bordel : devant la tenancière qui sirote un verre de vin mine de rien, un homme propose une pièce d’argent à une prostituée. Le lit est au fond. Le chien protège les femmes contre un éventuel agresseur.
Annotations :
3. Il existe une autre version de ce tableau à Berlin, sans la porte à droite.
Goethe aurait connu le tableau d’après la gravure de Wille, qui portait pour titre « Instruction paternelle ».