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Le triomphe de l’éloquence (Venise, Palazzo Sandi) - Tiepolo

Notice #018192

Image HD

Série de l'image :
Tiepolo, Triomphe de l’éloquence, Venise, Palais Sandi
Auteur(s) :
Tiepolo, Giambattista (1696-1770)
Date :
Entre 1724 et 1725
Nature de l'image :
Fresque
Sujet de l'image :
Allégorie
Lieu de conservation :
Venise, Palais Sandi
Traitement de l'image :
Image web
Localisation de la reproduction :
Collection particulière (Cachan)

Analyse

Analyse de l'image :
Les Sandi étaient une famille d’avocats originaires de Feltre, à l’ouest de la Vénétie. À la fin du XVIIe siècle, ils furent annoblis par la République de Venise, et exercèrent dès lors la fonction de juges. La fresque qu’ils commandèrent au jeune Tiepolo consacre leur ascension sociale par la force de l’éloquence. Au centre du plafond, dans un tourbillon de lumière jaune, apparaît Minerve casquée et brandissant un glaive au dessus d’un nuage ; à droite, dans le noyau le plus lumineux du tourbillon, mais un peu en retrait, Mercure, reconnaissable à ses sandales et à son casque ailés, semble trébucher. Sur les quatre côtés sont représentées quatre scènes mythologiques figurant les pouvoirs de l’éloquence. Si le spectateur se place de manière à voir à l’endroit, en bas, la scène la plus développée, où Amphion joue de la lyre et, par la force de sa seule poésie, construit les murailles de Thèbes, il aura à sa gauche, Bellérophon chevauchant Pégase pour terrasser la Chimère : c’est depuis Alciat une allégorie de la prudence et de la vertu, qui permet de triompher d’adversaires plus puissants ou malhonnêtes. Le spectater devra se retourner pour découvrir, en haut, Orphée descendu aux Enfers, tenant un violon à la main et guidé par Cupidon aux yeux bandés : Orphée tente de ravir Eurydice à la mort devant Cerbère, le chien aux trois têtes, Pluton et Proserpine, maîtres des lieux, et les trois Parques, qui tiennent le fuseau où se file le fil de la vie. Sur la partie droite du plafond, enfin, Hercule Ogmien est l’Hercule qu’évoque Lucien dans sa « Préface à Hercule », qui emprunte à l’Héraclès sa peau de lion ; comme Ogmios, dieu gaulois de l’éloquence, Hercule retient les hommes par des chaînes d’or sortant de sa bouche.
   Le jeune Tiepolo s’est peut-être inspiré pour cette composition du plafond de la salle de l’Olympe, peinte en 1560 par Véronèse à la Villa Barbaro de Maser, une villa paladienne des environs nord de Venise. Véronèse avait déjà imaginé un système concentrique, avec un nimbe d’or au centre sur lequel se détache une figure allégorique de la sagesse divine, puis, derrière un cercle de nuages, sept dieux de l’Olympe disposés en couronne autour d’elle, parmi lesquels Vénus avec Cupidon, et Mercure tenant le caducée. On retrouve cette configuration chez Tiepolo, qui peint dans le ciel un anneau nébuleux et doré où siège Minerve et où Mercure tourbillonne. Les quatre scènes allégoriques de Tiepolo remplacent la couronne des dieux de l’Olympe chez Véronèse, mais la disposition concentrique reste la même. L’invention proprement originale consiste dans les murailles de Thèbes, qui ne sont pas cantonnées dans la couronne des allégories, mais délimitent au centre, pour toute la composition un espace retranché, invisible, protégé. A l’épiphanie sans ombre de son maître, Tiepolo ajoute ce point aveugle central, cet espace d’invisibilité.
Annotations :
2. Fresque du plafond de la salle de bal.