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Didon accueille Énée devant le temple de Junon (The Works of P. Virgilius Maro)
Didon accueille Énée devant le temple de Junon (The Works of P. Virgilius Maro)

Notice #018681

Image HD

Série de l'image :
The Works of P. Virgilius Maro, éd. Ogilby, Londres, Th. Warren, 1654
Date :
1697
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Énéide
Lieu de conservation :
Washington, Folger Shakespeare Library
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
225 452f
Traitement de l'image :
Image web
Localisation de la reproduction :
https://luna.folger.edu

Analyse

Analyse de l'image :

Au premier plan à gauche, Énée, suivi des Troyens, rencontre Didon à droite, suivie de sa cour et de ses soldats. Au second plan, présidant en quelque sorte à cette rencontre, la statue de Junon, qu'on peut identifier au paon à ses pieds, domine la scène. Au fond, sur le mur de la rotonde du temple, une fresque représente une bataille sous les murs de Troie, dont la citadelle est visible en haut à gauche. A droite, un jeune homme tombe de son char, c'est Troïlus ; au-dessus de lui un guerrier sabre au clair s'apprête à le tuer : c'est Achille.

L'illustrateur a procédé à une série de concentrations :
D'abord il a condensé les deux épisodes successifs du récit de Virgile, l'audience donnée par Didon à un premier groupe de Troyens, qui croient Énée naufragé et disparu. Énée et Achate assistent invisibles à cette audience, ne se dévoilent que dans un second temps, marqué par l'échange des deux discours, d'Énée et de Didon.  Il n'y a pas de nuage ici et les Troyens sont regroupés en un seul groupe à gauche sur la gravure.
Ensuite, le temple est censé être orné d'une série d'épisodes de la guerre de Troie, selon une principe de représentation compartimentée. L'illustrateur a réuni la succession des images de l'ekphrasis en une seule scène de bataille.
Enfin, Virgile situe cet épisode en extérieur, devant le temple. Kleyn le place à l'intérieur, imagine un temple rond et structure ainsi l'espace du dispositif scénique : l'espace de la scène proprement dite, ou espace restreint, est quadrillé au sol et environné par les spectateurs, dans le cercle de la rotonde. L'espace vague, ou le décor de la scène, est la fresque sur le mur.

La statue de Junon règle le dispositif. Junon sépare les deux futurs amants et en même temps les réunit : et de fait c'est elle qui persuade Vénus de déclencher une idylle entre son fils Énée et la reine Didon, espérant empêcher l'accomplissement de son destin, la fondation, en Italie, d'une nouvelle Troie.

Didon est censée donner audience : elle est reine, elle s'adresse à des malheureux, des naufragés. Mais c'est ici une rencontre diplomatique qui est représentée, entre deux princes de rang égal.

Annotations :

1. La gravure n’est pas signée.

Légende sous l'image :

« Quare agite, ô tectis iuvenes succedite nostris
Me quoque per multos similis fortuna labores
Iactatam, hac demum voluit consistere terra,
Non ignara mali miseris succurrere disco. »

[Venez donc, ô jeunes gens entrez sous nos toits.
Moi aussi, après m'avoir jetée dans mille épreuves,
une fortune semblable a voulu me fixer sur cette terre
Connaissant le malheur, je sais secourir les malheureux.]