Histoire d’al-Sindi et de son frère Abu Hasan al-Khilkhan (Mille et une nuits, ms de Manchester, p31)
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Analyse
Il arriva que l’homme, après avoir parcouru une longue distance, parvint jusqu’à un vaste désert. Les vents y soufflaient avec violence, et les bêtes sauvages en remplissaient les alentours. Il marcha encore, sans eau ni provisions, jusqu’à ce que la faiblesse s’abatte sur lui et que la faim l’accable. Il dit alors : “Par Dieu, je ne sais ce que je vais devenir. Si seulement je pouvais trouver quelqu’un pour me guider hors de cet endroit !”
Et tandis qu’il avançait, voilà qu’apparut devant lui un vieillard au visage sombre et à la barbe épaisse, monté sur une bête étrange. Le voyageur s’approcha de lui et le salua. Le vieillard répondit à peine, et lui dit : “Ô toi qui marches dans le désert, où vas-tu donc ? Sache que celui qui s’engage sur cette voie rencontre des périls dont nul ne revient.” Mais l’homme lui répliqua : “Ô vieillard, je suis livré au destin, et c’est Dieu qui décide pour moi. Guide-moi vers ce qui pourra me sauver.”
Alors le vieillard sourit et dit : “Monte derrière moi sur cette monture, et n’aie crainte.” L’homme obéit. Mais lorsqu’il fut en selle, la bête se mit à trembler et à changer d’aspect, et le voyageur sentit son cœur se serrer. Il dit : “Ô vieillard, qu’est donc cette bête sur laquelle tu me fais monter ?”
Le vieillard répondit : “C’est une créature parmi les créatures de Dieu, et elle t’emportera là où ton destin t’appelle.”
Puis ils se mirent en route, traversant vallées et dunes, jusqu’à ce qu’ils atteignent un lieu fertile, orné d’arbres et de fleurs. Et l’homme rendit grâce à Dieu pour ce qu’Il lui avait accordé, et il comprit alors que le vieillard n’était pas un homme ordinaire mais un de ceux qui connaissent les chemins invisibles.
2. P. 31.
L'inscription en rouge, juste au-dessus de la miniature, quoique effacée, dit très probablement : « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux » (بسم الله الرحمن الرحيم). Elle marque peut-être le commencement d'une nouvelle section narrative.
3. Ce conte rare ne fait pas partie du corpus Galland ni du corpus Bulaq des 1001 nuits.
Informations techniques
Notice #025383