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La Mort et le Bûcheron (Fables de La Fontaine, Barbin, 1668) - Chauveau

Notice #004746

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, in-4°, Denys Thierry, 1668
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
Date :
1668
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés. Lebaudy in-4 32
Traitement de l'image :
Photo numérique
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :
Une vignette pour deux fables,
   15, La Mort et le malheureux,
   16, La Mort et le bûcheron.
   
   Texte de la fable 15 :
   Un Malheureux appelait tous les jours
   La mort à son secours;
   Ô Mort, lui disait-il, que tu me sembles belle !
   Viens vite, viens finir ma fortune cruelle.
   La mort crut en venant, l’obliger en effet.
   Elle frappe à sa porte, elle entre, elle se montre.
   Que vois-je ! cria-t-il, ôtez-moi cet objet ;
   Qu’il est hideux ! que sa rencontre
   Me cause d’horreur et d’effroi !
   N’approche pas, ô Mort ; ô Mort, retire-toi.
   Mécénas fut un galant homme :
   Il a dit quelque part : Qu’on me rende impotent,
Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu’en somme
   Je vive, c’est assez, je suis plus que content.
   Ne viens jamais, ô Mort ; on t’en dit tout autant.
   
   Fable 16 :
   Un pauvre bûcheron, tout couvert de ramée,
   Sous le faix du fagot aussi bien que des ans
   Gémissant et courbé, marchait à pas pesants,
   Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.
   Enfin, n’en pouvant plus d’effort et de douleur,
   Il met bas son fagot, il songe à son malheur.
   Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde ?
   En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?
   Point de pain quelquefois, et jamais de repos.
   Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,
   Le créancier et la corvée
   Lui font d’un malheureux la peinture achevée.
   Il appelle la Mort ; elle vient sans tarder,
   Lui demande ce qu’il faut faire.
   C’est, dit-il, afin de m’aider
   A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère.
   
   Le trépas vient tout guérir ;
   Mais ne bougeons d’où nous sommes :
   Plutôt souffrir que mourir,
   C’est la devise des hommes.
Annotations :
1. Signé en bas au centre « F. C. »
2. Livre I, Fable 15.