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Le Rieur et les Poissons (Fables de La Fontaine, 1678, 3eP) - Chauveau

Date :
1678
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
RES-YE-3312

Analyse

Texte de la fable :

On cherche les Rieurs ; et moi je les Ă©vite.
Cet art veut sur tout autre un suprĂȘme mĂ©rite.
Dieu ne créa que pour les sots
Les méchants diseurs de bons mots.
J’en vais peut-ĂȘtre en une Fable
Introduire un ; peut-ĂȘtre aussi
Que quelqu’un trouvera que j’aurai rĂ©ussi.
Un Rieur Ă©tait Ă  la table
D’un Financier ; et n’avait en son coin
Que de petits poissons : tous les gros Ă©taient loin.
Il prend donc les menus, puis leur parle à l’oreille,
Et puis il feint Ă  la pareille,
D’écouter leur rĂ©ponse. On demeura surpris :
Cela suspendit les esprits.
Le Rieur alors d’un ton sage
Dit qu’il craignait qu’un sien ami
Pour les grandes Indes parti,
N’eĂ»t depuis un an fait naufrage.
Il s’en informait donc à ce menu fretin :
Mais tous lui rĂ©pondaient qu’ils n’étaient pas d’un Ăąge
A savoir au vrai son destin ;
Les gros en sauraient davantage.
N’en puis-je donc, Messieurs, un gros interroger ?
De dire si la compagnie
Prit goût à la plaisanterie,
J’en doute ; mais enfin, il les sut engager
A lui servir d’un monstre assez vieux pour lui dire
Tous les noms des chercheurs de mondes inconnus
Qui n’en Ă©taient pas revenus,
Et que depuis cent ans sous l’abüme avaient vus
Les anciens du vaste empire.

Annotations :

2. TroisiĂšme partie, livre II, fable 8.

Composition de l'image :
Banquet, danse, ronde
Objets :
Table
Sol quadrillé
Porte
Poisson
FenĂȘtre
Bas de colonne(s)
Sources textuelles :
La Fontaine, Fables (1668-1692)
Livre VIII, Fable 8, Pléiade, p. 303

Informations techniques

Notice #004751

Image HD

Identifiant historique :
A4070
Traitement de l'image :
Image web
Localisation de la reproduction :
https://gallica.bnf.fr