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Armoiries des poètes (Alciat, Emblematum Libellus, Paris, 1542)

Notice #004787

Image HD

Série de l'image :
Andreas Alciatus, Emblematum Libellus, Paris, Wechel, 1542
1542
Nature de l'image :
Gravure sur bois
Sujet de l'image :
Allégorie
Lieu de conservation :
Munich, Bayerische Staatbibliothek
Traitement de l'image :
Scanner
Localisation de la reproduction :
Paris, Bibliothèque de l’École normale supérieure

Analyse

Analyse de l'image :
« Insérant en abyme de son image d’un cygne un blason figurant précisément un cygne, l’emblème du poète, Alciat signifie l’écart ouvert par le travail poétique au cœur de la représentation. Réduit à quelques traits quasi-hiéroglyphiques (le navire, les oiseaux), le réel se perd dans le lointain, tandis qu’au premier plan le blason cloué sur l’arbre paraît presque incrusté sur la gravure, qu’il frappe d’artifice. Ainsi le cygne minuscule, égaré dans le décor, n’est-il que le reflet du signe magnifié par sa représentation héraldique et sa valeur emblématique ; pertinent emblème du travail poétique, l’oiseau devenu langage, insigne, parle en faveur d’une création substituant à la communion la composition, au donné le construit. » (Laurent Bazin, De la fureur des symboles à l’empire des signes, thèse de l’université de Paris IV, 1994, p. 77.)
Annotations :
1. Insignia poëtarum. [Emblème] CVII.
Gentiles clypeos sunt qui in Iovis alite gestant ;   
Sunt quibus aut serpens, aut leo, signa ferunt.
Dira sed haec vatum fugiant animalia ceras,   
Doctaque sustineat stemmata pulcher Olor.
Hic Phoebo sacer, et nostrae regionis alumnus :   
Rex olim, veteres servat adhuc titulos.
2. Traduction française par Lefevre, Paris, Wechel, 1536 (même gravure) : Armoyeries de Poetes.
D’aucuns ont en leurs armes Aigles.
D’autres Lyons, Serpens, ou Foynes.
Mais nous ne tenons point ces regles :
Ains avons trop plus nobles signes.
Nous Poetes portons le Cygne
De Phebus, oyseau bien chantant.
Sa naissance nous est voisine.
Roy fut. dont est le nom portant.
3. Laurent Bazin compare cet emblème avec René Magritte, Les Mots et les images, La Révolution surréaliste, n°12, déc. 1929, pp. 32-33 (l’image représentant un cheval, un tableau où un cheval est peint et un homme disant cheval est accompagnée de la légende suivante : Un objet ne fait jamais le même office que son nom ou que son image).