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Andromaque éplorée devant Ulysse - Doyen

Notice #000746

Image HD

Série de l'image :
Paris, Salon de 1763
Auteur(s) :
Doyen, Gabriel-François (1726-1806)
1763
Nature de l'image :
Peinture sur toile
Sujet de l'image :
Guerre de Troie. Andromaque
Lieu de conservation :
Arkhangelskoïe, Château
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Inventaire J-83
Sujet de recherche :
Julie Giniès, Le Salon de 1763 de Diderot, genèse d’une méthode
Traitement de l'image :
Scanner
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Collection particulière (Cachan)

Analyse

Analyse de l'image :
Livret du Salon de 1763 :
    « Par M. Doyen, Académicien.
    120. Andromaque, ayant caché Astianax, fils unique d’Hector, dans le tombeau de son pere, pour le dérober à l’inquiétude qu’en avoient conçu les Grecs malgré leur victoire, & quoiqu’il ne fut qu’un enfant : les vents contraires s’opposant à leur retour après la ruine de Troye ; Calchas déclara qu’il falloit précipiter Astianax du haut des murailles, de crainte qu’un jour il ne vengeât la mort de son pere. Ulysse, chargé du soin de le chercher, le découvre & fait exécuter les ordres de Calchas. Le Peintre a pris le moment où Andromaque fait les derniers efforts pour arracher son fils des mains d’un Soldat ; mais ses cris ne peuvent empêcher l’exécution des ordres d’Ulysse. Il commande qu’on le précipite du haut de la Tour d’Illion.
    Ce Tableau de 21 pieds de large, sur 12 pieds de haut, appartient à l’Infant Dom Philippe, Duc de Parme & de Guastalle. »
   
   Mercure de France, novembre 1763 :
    « Ainsi que tous les Amateurs de la gloire de l’Art, nous avons déjà applaudi au beau feu & à la courageuse émulation de M. Doyen. C’est avec un nouveau plaisir que nous le votons continuer de s’exercer dans le plus grand genre & sur des Sujets empruntés du plus grand Peintre en Poësie. (a)
    Celui du Tableau de cette année, est le moment où Uysse vient de faure tirer Astianax du Tombeau de son Père, & où il comande de précipiter cet Enfant du haut de smurailes, malgré les cris & tous les efforts d’Andromaque pour arracher son fils des mains du Soldat qui s’en est saisi. (b)
    La composition de ce Tableau est sans contredit une des grandes machines, qu’on entreprenne en Peinture. L’Auteur, soit pour la rendre plus distincte, soit pour quelqu’autre raison que nous ignorons, semble avoir divisé sa Scène en deux Parties. Un intervalle vuide & assez considérable sépare Ulysse & sa suite, des groupes que forment Andromaque avec ses suivantes, Astianax, se sravisseurs, &c. Pour comprendre comment se trouve cet intervalle, il faut sçavoir que le site sur lequel sont les Personnages d el’action, est de beaucoup plus élevé que le Plan éloigné où parissent, au milieu, les troupes de Soldats dont on n’apperçoit que le sommet des têtes. Les Connoisseurs, ainsi que ceux qui ne jugent que par sentiment naturel, seront toujours également contens de la grande & touchante expression qui règne dans toute la partie qui comprend les groupes d’Andromaque & de ses Suivantes. On reconnoît & on doit être pénétré de la belle intention qui caractérise sur-tout la douleur d’Andromaque. La chaleur & le sentiment n’ont peut-être pas permis au Peintre de conserver une sorte de proportion subordonnée entre les signes expressifs de cette Figur eprincipale & ceux des Femmes qui l’accompagnoient : mais plus on connoîtra la grande expression du Pathétique en Peinture, plus on trouvera de belles choses à remarquer dans cette partie du Tableau. L’autre partie, où l’on voit Ulysse, à la tête des Chefs de l’Atmée, donnee l’ordre barbare qui fait le point de l’Action, pourroit peut-être donne rlieu à plus de critique. Nous n’en entreprendrons pas la discussion. Plein de son Sujet, rempli du sublime de son Poëte, du caractère des Personnages, il ne seroit pas étonnant que le Peintre eût un peu exagéré les attitudes ; & que la sagesse & les grâces de sproportions n’eussent cédé quelquefois, ainsi que la vérité des couleurs locales, au feu d el’inspiration. Nous ne pensons être démentis par personne & pas même par se srivaux, en donnant de justes éloges au beau génie de cet Artiste, & en l’exhortant encore plus que jamais par une application digne de se sgrads talens, de porter la perfection dans la pratique, au même degré d’élévation que nous reconnoissons dans ses pensées.
    Ce grand Morceau est le seul Ouvrage de M. Doyen qui ait été exposé cette année. la grandeur du Sujet & le mérite du genre, dédommagent du nombre. » (p. 188-191)
   
   (a) Homère.
   (b) Ce Tableau a 21 pieds de large sur 12 pieds de haut. Il appartient à l’Infant Duc de Parme.
Annotations :
3. Châteaubrun avait fait représenter au Théâtre Français un Astyanax, le 5 janvier 1756 : malgré le succès des pièces précédentes de Châteaubrun, Philoctète et Les Troyennes, la pièce tomba à la première représentation. Voir Corr. litt., 15 janvier 1756, éd. Tourneux, t. III, p. 156.