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Un combat de cavalerie - Casanove

Notice #000752

Image HD

Série de l'image :
Paris, Salon de 1763
Artiste :
Casanova, Francesco-Giuseppe (1727-1802)
Date :
1763
Nature de l'image :
Peinture sur toile
Sujet de l'image :
Sujet de genre. Bataille
Lieu de conservation :
Avignon, Musée Calvet
inv. 827-5-7
Dimensions (HxL cm) :
66x98
Sujet de recherche :
Julie Giniès, Le Salon de 1763 de Diderot, genèse d’une méthode
N° de commande :

Analyse

Analyse de l'image :
Livret du Salon de 1763 :
    « Par M. Casanova, Académicien.
    125. Un Combat de Cavalerie.
    Tableau accepté par l’Académie, pour la réception de l’Auteur.
    126. Autres Tableaux, sous le même numero. »
   
   Mercure de France, novembre 1763 :
    « M. Casanova.
    Le même feu d’imagination, la même chaleur dans la composition & dans la couleur, qui avoient fait l’objet de nos remarques en 1761, éclatent dans les Tableaux que M. Casanova a exposés cette année & principalement dans le Combat de Cavalerie que l’Académie a accepté pour sa réception. Si nous avions quelqu’observation nouvelle à faire sur cet artiste, ce seroit pour remarquer dans se sOuvrages plus de correction de Dessein qu’il n’y en avoit dans les précédens. » (p. 192-3)
   
   Commentaire de Diderot :
   «  Casanove Ah ! monsieur Casanove, qu’est devenu votre talent ? Votre touche n’est plus fière comme elle était, votre coloris est moins vigoureux, votre dessin est devenu tout à fait incorrect. Combien vous avez perdu depuis que le jeune Loutherbourg vous a quitté ! Un combat de cavalerie. Oui, il y a toujours du mouvement dans cette bataille. Voilà bien vos chevaux, je les reconnais ; ces hommes blessés, morts ou mourants, ce tumulte, ce feu, cette obscurité, toutes ces scènes militaires et terribles sont de vous. Ce soldat s’élance bien ; celui-là frappe à merveille ; cet autre tombe on ne peut mieux ; mais cela n’est plus hors de la toile, la chaleur du pinceau s’est évanouie... On dit que Casanove tenait, depuis cinq à six ans, renfermé dans une maison de campagne un jeune peintre appelé Loutherbourg qui finissait ses tableaux, et peu s’en faut que la chose ne soit démontrée. Les tableaux que Casanove a exposés dans ce Salon sont fort inférieurs à ceux du Salon précédent. Le pouce de Loutherbourg y manque, je veux dire cette manière de faire longue, pénible, forte et hardie, qui consiste à placer des épaisseurs de couleurs sur d’autres qui semblent percer à travers et qui leur servaient comme de réserves. Il s’élève actuellement un autre rival de Casanove qui, ou je me trompe fort, fera aussi parler de lui. Il se nomme Le Paon. Il était garçon pâtissier, faisant je crois d’assez mauvais pâtés, mais dessinant toujours, sans maître, sans autre guide que la nature. Sa passion l’appelle aux tableaux de bataille. Son apprentissage de pâtisserie fini, il s’enrôle parmi les dragons, pour avoir l’occasion de voir des scènes guerrières. Il a fait dans cette vue les trois dernières campagnes en Hesse, et s’est trouvé à toutes les rencontres possibles.
    L’intelligence, la chaleur, la variété de ses différents dessins étonnent. On voit encore les progrès qu’il a faits de campagne en campagne. Nos peintres lui ont conseillé de s’appliquer à copier quelques bons tableaux de quelque fameux peintre de batailles ; mais le jeune dragon est froid et maniéré dans ces copies ; il ne lui faut d’autre modèle que la nature, et d’autre guide que son génie.  » (Salon de 1763, CFL  V 460)
Annotations :
2. Morceau de réception de l’artiste à l’Académie.