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Phryné accusée d’impiété devant les aréopagites (version du Louvre) - Baudouin

Notice #000753

Image HD

Série de l'image :
Paris, Salon de 1763
Auteur(s) :
Baudouin, Pierre-Antoine (1723-1769)
Date :
1763
Nature de l'image :
Gouache
Sujet de l'image :
Sujet historique. Phryné
Lieu de conservation :
Paris, Musée du Louvre, Département des Arts graphiques
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
INV 23700
Sujet de recherche :
Julie Giniès, Le Salon de 1763 de Diderot, genèse d’une méthode
Traitement de l'image :
Image web
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
http://www.photo.rmn.fr (Réunion des Musées Nationaux)

Analyse

Analyse de l'image :
Livret du Salon de 1763 :
    « Par M. Baudouin, Agréé.
   148. Un Prêtre, catéchisant de jeunes Filles.
   Tableau à gouasse.
   149. Plusieurs Portraits & autres Ouvrages en miniature, sous le même N°. »
   
   Phryné n’est donc pas annoncée explicitement.
   Dans l’extraordinaire du Mercure de France de novembre 1763 on lit cependant :
   « L’admission à l’Académie étoit déjà un titre suffisant pour une réputation très-honorable. M. Beaudouin vient de la confirmer avec éclat, & de justifier le suffrage des Académiciens par le Morceau accepté pour sa réception. Le Sujet de ce Tableau est Phriné accusée d’impiété au Tribunal de l’Aréopage, & défendue par un Orateur qui découvre en présence des Juges la tête & le sein de cette belle Femme. Cet Ouvrage est un des plus grands que l’on puisse exécuter dans le genre de la Miniature, non seulement par l’étendue de la forme, mais par celle de la composition & par la manière dont il est exécuté. Tout y est bien entendu, & avec une largeur peu commune dans cette sorte de Peinture. Les effets sont vrais, les caractères justes, les groupes artistement disposés, l’ensemble bien enchaîné, en un mot c’est une belle & grande machine dans un petit espace. » (p. 201-202).
   
    « Mais l’argent, la faveur, l’autorité de celui qui parle, tout cela persuade aussi, jusqu’à la présence muette de la vertu, de l’infortune ou de la beauté. Lorsque Antoine, défendant M. Aquilius, déchira la robe de son client, et montra les blessures honorables qu’il avait reçues pour la patrie, il avait moins compté sur son éloquence que sur les yeux du peuple romain, qui ne put, dit-on, résister à ce spectacle, et renvoya Aquilius absous. Comment Servius Galba échappa-t-il à la sévérité des lois ? par la pitié qu’il excita en paraissant dans la place publique entouré de ses enfants en bas âge, et tenant entre ses bras le fils de Gallus Sulpitius : c’est ce que nous attestent plusieurs historiens, et Caton lui-même dans son plaidoyer. Et Phryné, ce n’est pas à la plaidoirie d’Hypéride, tout admirable qu’elle était, qu’elle dut son salut, mais à sa beauté, dont elle acheva le triomphe en découvrant son sein. Si tout cela persuade, la définition que nous avons citée n’est donc pas la bonne. C’est pourquoi ceux-là ont cru être plus exacts, qui, tout en partageant le même sentiment sur la rhétorique, l’ont définie une force de persuader par la parole. » (Quintilien, Institution oratoire, II, 15, 9)
Annotations :
2. Morceau de réception de l’artiste.
L’histoire est rapportée par le Pseudo-Plutarque, Vie des dix orateurs, Hypéride, §20 ; Moralia, 849e : « Comme elle allait être condamnée, il la fit avancer au milieu de la salle et, ayant déchiré son vêtement, il exhiba la poitrine de la femme. Quand les juges virent sa beauté, ils l’acquittèrent. »
Voir également Athénée, Deipnosophistes, XIII, 590 d-f.
D’autres auteurs affirment que c’est Phryné qui a déchiré ses vêtements : Alciphron, Lettres d’hétaïres (IV), 4 ; Sextus Empiricus, Contre les rhéteurs (II), 4.