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Achille prêt d’être submergé par le Scamandre et le Simoïs… - at. de Deshays

Notice #009232

Image HD

Série de l'image :
Paris, Salon de 1765
Auteur(s) :
Deshays, Jean-Baptiste (1729-1765)
Problème datation
1765
Nature de l'image :
Peinture sur toile
Sujet de l'image :
Guerre de Troie. Achille et Scamandre
Lieu de conservation :
Collection particulière
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Livret du Salon de 1765 :
    « Par feu M. Deshays, Adjoint à Professeur.
    31. […]
    33. Achille prêt d’être submergé par le Scamandre & le Simoïs, est secondé par Junon & Vulcain ; ce Dieu lance des feux qui desséchent les Fleuves.
    Ce Tableau appartient à M. de Persennes. »
   
   Mercure de France, octobre 1763, p. 162-163 :
    « Achille luttant contre les eaux du Scamandre & du Simoïs avec le secoyrs des feux de Vulcain qui desseche ces deux fleuves, est un tableau d’une force trop prononcée pour être aussi agréable aux yeux du Public, qu’utile & admirable à ceux des gens de l’art. »
   
   Commentaire de Diderot au Salon de 1765 :
    « 33. Achille, près d’être submergé par le Scamandre et le Simoïs, est secouru par Junon et par Vulcain
    Au centre du tableau, Vulcain suspendu dans les airs, et tenant de chaque main un flambeau dont il secoue les flammes dans les eaux du Simoïs et du Scamandre ; il est debout et de face ; Junon derrière lui. Les deux fleuves, l’un penché sur son urne, couché et vu de face ; l’autre vu par le dos et debout, effrayés. Les nymphes de leurs rives fuyantes ; les eaux des fleuves bouillonnant dans leurs lits ; Achille luttant contre leurs vagues et poursuivant un Troyen qu’il est prêt à frapper de son épée. On voit sur le sable des casques et des boucliers, restés à sec. Ce sujet demandait une toile immense, et c’est un petit tableau. Le Vulcain a l’air d’un jeune homme ; rien de ce vigoureux et redoutable dieu des forges, des antres enflammés, du chef des cyclopes, de ce métallurgiste fait à manier la tenaille et le marteau, à vivre dans les fourneaux, et à remuer et battre les masses de fer étincelantes. Ce n’est pas ainsi que le vieux poète l’a vu ; les fleuves sont durs, secs et décharnés. Cela est pensé chaudement, mais durement exécuté. Point d’air entre les objets, point de vapeur, point d’harmonie, point de liaison et de passage ; tout est cru et plaqué sur le devant. On demandait à une des petites filles de Vanloo, qui a cinq ans, ce que c’était que cela ; elle répondit : « Ma bonne, c’est un feu d’artifice » ; et c’est bien répondu. Pour exécuter ce morceau, il eût fallu fondre ensemble les talents de trois ou quatre grands maîtres ;
   l y avait des natures terribles, redoutables, à suspendre dans le vague de l’air ; les eaux bouillonnantes à élever en vapeur ; l’atmosphère à embraser ; les fleuves et les nymphes à effrayer ; les lits des fleuves à engorger de casques, de boucliers, de cadavres et de carquois ; Achille à submerger dans les eaux agitées, etc. » (CFL VI 70-71)
   
   En bas à droite, Achille en armes, est prêt à se faire engloutir par le fleuve. Il porte l’armure que vient de lui forger Vulcain. Le fleuve Scamandre, personnifié par un vieillard, déborde et cherche à tuer Achille car celui-ci, dans sa folie meurtrière, l’a souillé du sang des Troyens. Scamandre se retourne vers le haut, car deux autres personnages ont surgi. 
En haut à droite, Junon, reconnaissable à son attribut le paon, semble retenir Vulcain de la fureur des flots. En dessous d’elle, Vulcain, une torche dans chaque main, tente d’assécher le fleuve Scamandre.
En bas à gauche, un autre personnage semble vouloir repousser le fleuve : est-ce un des vents qui repoussent les vagues du fleuve ?
Annotations :
2. La toile originale de Deshays (130x163 cm), qui appartenait au musée du Louvre, a été déposée au musée de Moulin en 1872 et détruite en 1878. Elle a été gravée par Ph. L. Parizeau en 1779 sous le titre « Achille et le Scamandre ».
Il s’agit ici d’une copie d’atelier (49,3x64,5) passée en vente : vente Beaussant-Lefèvre, Paris, 28 juin 2002, lot 53 (collection Marc Sandoz et anciennement : vente, Paris, 1er décembre 1967, collection d’un amateur, n°15 ; vente, Rouen, 3-4 novembre 1975, Collection André Marie, n°170).
3. Dessin préparatoire à la composition (vente Paris 6 mai 1987, n° 85).