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Isabelle & Doria au chevet de Justinian (Ibrahim, éd. 1723, vol. 2)
Isabelle & Doria au chevet de Justinian (Ibrahim, éd. 1723, vol. 2)
Cette notice fait partie d’une série : Ibrahim, ou l’illustre Bassa, Paris, P. Witte, 1723, 4 vol. in-12°
Datation : 1723

Source textuelle : Scudéry, Ibrahim, ou l’illustre Bassa (1641)

Sujet de l’image : Fiction, 17e siècle

Objets indexés dans l’image :
Chien / Lit de mort

Nature de l’image : Gravure sur cuivre

Lieu de conservation : Paris, Bibliothèque de l’École normale supérieure, LFr83 (1-4) in-12
Notice n° A5924   (n°1 sur 1) 
1. Inscriptions, signatures. 2. Historique, auteur, fabrication, commanditaires. 3. Variantes, œuvres en rapport :
2. On distingue sur la gravure (notamment dans la partie supérieure) l’empreinte de celle du 4e vol.

Analyse de l’image :
     Justinian a retrouvé Isabelle à Monaco et celle-ci ne demande qu’à l’épouser. Mais il a juré à Soliman qu’il reviendrait auprès de lui et il ne peut se résoudre à emmener Isabelle, qui deviendrait là bas captive en terre Infidèle. Isabelle tombe malade, et Justinian à sa suite. Il veut d’abord cacher sa maladie à Isabelle, afin de lui épargner une peine supplémentaire. Mais dès qu’Isabelle l’apprend, elle se précipite à son chevet :
    « Emilie fit ce qu’elle pût pour l’empêcher de sortir du lit ; mais ses prieres, ni les conseils des Medecins ne pûrent changer sa resolution. Elle appella ses femmes, se fit donner une cimarre, & se faisant soûte,nir sous les bras, elle fut à l’appartement de Justinian, qu’elle trouva si fort changé, qu’à peine étoit-il connoissable.
    Aussi-tôt qu’il la vit entrer, il fit un effort pour la saluer, mais ne pouvant lever la tête, il fut contraint de se contenter de tourner les yeux de son côté, & d elui dire d’une voix foible & languissante, qui ne pouvoit être entenduë que d’elle, car ses femmes s’étoient éloignées. Enfin, Madame, la fortune ne nous separera point ; & la mort s’en va faire ce que j’attendois de la cruauté de la premiere. Je mourrai toutefois doucement, puisque j’ai encore le plaisir de vous voir : pourvû que vous me promettiez que vous vivrez pour l’amour de moi ; & que ma memoire vous sera chere. Car je trouve cet avantage dans ma mort, qu’elle m’empêche de vous être infidele. Elle finit le combat de l’amour & de l’honneur, qui ne pouvoient se vaincre en mon ame ; elle fait que je satisfait à tous les deux, [271] & pour tout dire elle nous separe, mais je ne vous quitte pas, & je ne fais en cette occasion que ce que je ne puis m’empêcher de faire. La Princesse ayant le visage tout couvert de larmes, lui répondit en soupirant ; je ne suis pas encore si éloignée du tombeau que je n’y puisse entrer avec vous, si la mort vous y conduit : mais si vous m’aimez, vous ferez un effort pour vivre. Ne songez point à vous conserver, puisque vous en le voulez pas ; mais à me conserver moi-même ; & ne croyez point que vous puissiez mourir sans moi. Je vous ai bien fait voir ce que la douleur peut en ma personne, & je n’aurois point besoin ni de poison, ni d epoignard, pour quitter le jour, puisque vôtre seule perte suffiroit pour cela. Ne pensez pourtant pas que je vous parle de cette sorte, par la crainte de mourir ; c’ets un sentiment qui n’est point dans mon ame, & je ne trouve la mort effroyable qu’en la personne aimée. Ne me faites donc point éprouver une telle douleur : vivez, s’il est possible, & du moins ne me refusez pas d’y apporter ce que vous pourez. Je veux bien vous obéïr, repliqua Justinian ; mais prenez garde que ce ne soit me priver d’un remede que je ne trouverai pas si aisément. Comme il vouloit [272] continuer, on vint avertir la Princesse, que Doria ayant sû la maladie de son ami, étoit arrivé au château, & qu’il demandoit à le voir. Les Médecins s’approcherent alors du lit de Justinian, & dirent à la Princesse, que si elle souhaitoit sa vie, il falloit lui donner quelque repos, & ne le laisser voir qu’à peu de monde. Justinian les supplia qu’il pût embrasser Doria, que l’on fit entrer aussi-tôt : cette entrevûë donna de la pitié à tous ceux qui la virent : car Justinian parut si constant ; Dotia si affligé, & la Princesse si deseperée, qu’il eût été impossible de retenir les larmes à un spectacle si funeste.
    Le plus ancien des Medecins s’étant approché de Justinian, & lui ayant touché le bras, il trouva que la fiévre étoit encore augmentée : & jugea par l’inégalité de son poulx, que l’agitation d el’esprit avoit redoublé celle du sang & des humeurs. De sorte que s’étant approché une second fois de la Princesse, il lui dit que ce n’étoit point avec des larmes qu’on pouvoit secourir Justinian : & qu’absolument il falloit qu’elle le laissât à leur conduite, sans le revoir qu’il ne fût en meilleur état. Puisque ma vûë lui est funeste, repliqua la Princesse, il vous faut obéïr ; mais je ne pense pas que ce soit pour longtems [273]. Elle sortit de la chambre de Justinian, après lui avoir encore ordonné de ne resister point aux remedes, & de se souvenir qu’elle vouloit qu’il vêcut. » (Ibrahim ou l’illustre Bassa, Première partie, Livre neuvième)
    Isabelle est représentée à gauche, mais non pas dans le déshabillé négligé d’une malade, comme l’indiquait le récit. À droite, l’ami Doria fait son entrée dans la chambre. Au fond, derrière le lit, un médecin, reconnaissable à son vêtement, prend le poul de Justinian. Le même médecin dessiné une 2e fois prie Isabelle de sortir de la chambre. Le petit chien est un pur ajout décoratif, que rien ne justifie dans le texte.
    Justinian guérit et part pour Constantinople, où le Sultan l’accueille avec joie.

Informations sur l’image :
Auteur du cliché : Cachan, Stéphane Lojkine
Traitement de l’image : Photographie numérique
Localisation de la reproduction : Collection particulière (Cachan)
Reproduction interdite
Informations sur la notice :
Auteur de la notice : Stéphane Lojkine     Date de création : 23/07/2008
Auteur des modifications : Stéphane Lojkine     Date de Modification : 09/01/2016
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