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IBRAHIM | OU | L’ILLUSTRE | BASSA. | NOUVELLE EDITION, | revûë, corrigée, & ornée de Figures en taille-douce. | PREMIERE PARTIE. | [Fleuron] | A PARIS, | Chez P. Witte, Libraire au bas de la ruë | S. Jacques, vis-à-vis de la ruë de la Par- | cheminerie, à l’Ange Gardien. | [Filet] | MDCCXXIII. | Avec Approbation & Privilege du Roy.La 1ère éd. de ce roman fut publiée de 1641 à 1644, sous le nom de Georges de Scudéry. Le roman fut cependant attribué dès le 17ème siècle à Madeleine sa sœur.Pas de nom d’auteur indiqué pour cette édition.L’histoire de Soliman 1er et d’Ibrahim est tirée de l’Histoire de la décadence de l’empire grec de Chalcondyle, traduite en français par Blaise de Vigenère et publiée chez la veuve l’Angelier.On la trouve dans le Printemps d’Yver.Mais dans toutes les sources Ibrahim, enfant chrétien pris comme esclave en Dalmatie, était présenté comme un parvenu sans scrupule. Accusé de complot en faveur de Charles-Quint, il fut étranglé et jeté dans le Bosphore. Scudéry en fait un héros de la vertu, et lui assure une fin heureuse.Scudéry fait de Soliman une figure idéale du souverain, clément et généreux : on peut s’en étonner en la personne d’un Turc infidèle. Mais au moment où Scudéry écrit, Mourad IV (1623-1640) redresse l’empire Ottoman en déclin et Richelieu, qui s’engage dans la Guerre de Trente Ans (1636), a besoin de l’alliance turque contre la maison d’Autriche : il envoie des diplomates à Istambul (1636-1640). La clémence de Soliman peut être rapprochée de celle d’Auguste, mise à la scène par Corneille dans Cinna (1640). La fidélité d’Ibrahim, vizir de Soliman, trouvait son modèle courtisan dans la figure de Richelieu, ministre de Louis XIII et protecteur de Georges de Scudéry. Scudéry tirera une pièce de son roman.Voir l’introduction de Rosa Galli Pellegrini à l’éd. de 2003, Schena editore et Presses de l’université de Paris-Sorbonne.