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Recherche infructueuse

Bloemaert, Angélique et Médor, en 2 mn

Claire Papetti | Musique par Sinan Asiyan

Pour qui Bloemaert exécuta-t-il ce délicat tableau d'idylle champêtre, où le couple amoureux respire la quiétude et le bonheur comblé ? Pour des jeunes mariés épris de culture italienne ? Pour le secret et la complicité d'un boudoir libertin ? Derrière l'échange langoureux des regards d'Angélique et de Médor se cache l'histoire complexe imaginée par l'Arioste un siècle plus tôt, une histoire qui a fait le tour de l'Europe…

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L'épisode d'Angélique et Médor est raconté au chant 19 du Roland furieux de l'Arioste, un poème épique composé à Ferrare au début du XVIe siècle. L'Arioste reprend les personnages du Roland amoureux de Boiardo qui lui-même convoquait les grandes figures des romans de chevalerie médiévaux français. L'Italie de la Renaissance revisite cet imaginaire médiéval avec fascination, mais aussi avec beaucoup d'humour, et en l'associant à toute la magie et la féerie de ce qui va devenir la fantasy. Roland, le paladin de Charlemagne, le héros qui mourra à Roncevaux, tombe ici éperdument amoureux d'une princesse… chinoise ! Angélique, reine de Cathay, est d'ailleurs poursuivie également par Renaud, tout aussi éperdument amoureux d'elle. Elle est poursuivie littéralement, à cheval, et au galop… Mais Angélique n'éprouve aucune inclination pour eux, et surtout tient à son indépendance. Un jour, sur un champ de bataille déserté, elle tombe sur un soldat Maure (du mauvais camp, donc), un simple soldat grièvement blessé : c'est Médor, qu'elle soigne avec une herbe magique, et emmène chez un berger : Angélique choisit Médor et vit avec lui une idylle qui va devenir célèbre dans toute l'Europe pendant au moins trois siècles, non seulement comme récit, mais en peinture et à l'opéra. 

C'est cette idylle que Bloemaert choisit de peindre ici, tout en nous donnant les indices de la tragédie mondiale qu'elle va précipiter…