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Angélique et Médor - Boucher
Angélique et Médor - Boucher

Notice #001216

Image HD

Série de l'image :
Paris, Salon de 1765
Auteur(s) :
Boucher, François (1703-1770)
Date :
1763
Nature de l'image :
Peinture sur toile
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
New York, The Metropolitan Museum of Art
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
The Jack and Belle Linsky Collection, 1982 (1982.60.46)
Traitement de l'image :
Scanner
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Montpellier, Inst. de rech. sur la Renaissance l’âge classique & les Lumières

Analyse

Analyse de l'image :

Livret du Salon de 1765 :

« Par M. Boucher, Premier Peintre du Roi, Recteur.
8. Jupiter transformé en Diane pour surprendre Calisto.
9. Angélique & Médor.
Tableaux ovales d’environ 2 pieds de haut, sur 1 pied & demi de large. Du Cabinet de M. Bergeret de Grancourt. »

Diderot interprète ce tableau comme la représentation traditionnelle de Médor gravant les noms des deux amants sur le tronc d’un arbre (voir par exemples les tableaux de Dubreuil et de Bloemaert, la fresque de Tiepolo à la villa Valmarana). Pourtant, seule la main gauche de Médor tient une pointe, à l’extrême droite du tableau, fort éloignée donc du tronc qui ne comporte semble-t-il aucune inscription. Le geste de Médor se comprend mieux par référence aux codes iconographiques de la peinture libertine roccoco : Médor détache une guirlande ou une couronne de roses, signifiant la défloration d’Angélique.
Le commentaire de Diderot est cinglant contre cette toile. Diderot avait pourtant écrit dans le Salon de 1761 à propos de Boucher : « Au reste ce peintre est à peu près en peinture ce que l’Arioste est en poésie. Celui qui est enchanté de l’un est inconséquent s’il n’est pas fou de l’autre. » (Vers IV 206.)

XIX, 33

Angelica a Medor la prima rosa
coglier lasciò, non ancor tocca inante
Angélique à Médor laissa cueillir
La première rose encore non touchée.
Annotations :

2. Acquis par le Metroplitan Museum en 1982.
La toile appartint d’abord à Nicolas-Joseph Bergeret de Grancourt (de 1763 à 1765 au moins); puis à Calonne Angelot (jusqu’en 1789 ; vente Lebrun, Paris, 11 mai 1789, no. 101, vendu avec son pendant également au Metropolitan Museum, n° 1982.60.45. Le catalogue de vente de 1789 mentionne : « Deux sujets agréables . . . L’un représentant Jupiter sous la figure de Danae pour tromper Calysto. L’autre les Amours de Bacchus et d’Ariane . . . » ; le tableau passe alors à M. Marin jusqu’en 1790; vente posthume, Paris, Lebrun, jeune, & Saubert, 22 mars 1790, no. 335, sous le titre « Les Amours de Bacchus et d’Ariane » ; vendu avec son pendant pour 414 livres à Geoffrey, il passe à M. Prousteau de Montlouis jusqu’en 1851 où il est vendu (vente posthume) à Bonnefons de Lavialle et al., Hôtel des Ventes, Paris, le 5-6 mai 1851, no. 11, « Diane et Calisto [le pendant]; Vénus et Adonis. Ces deux gracieux tableaux sont de forme ovale et dans leurs bordures du temps », pour la somme de 3250 francs ; acquis probablement par Richard, 4ème Marquis de Hertford, Paris jusqu’en 1870 ; son fils naturel et héritier, Sir Richard Wallace, Paris (depuis 1870 ?, ou au moins de 1883 à 1890) ; sa femme, Amélie Julie Charlotte, Lady Wallace, Paris (1890-97) ; leur héritier, Sir John Arthur Murray Scott, Paris (1897-1912; inv., 1912/13, cédé à Lady Sackville) ; Victoria, Lady Sackville (1912/13-1913/14 ; vendu à Seligmann) ; [Jacques Seligmann, Paris, 1913/14 ; vendu à Knoedler] ; [Knoedler, New York, 1914-17 ; vendu à Plant] ; Mr. and Mrs. Morton F. Plant, New York (1917-18) ; Mrs. Morton F. Plant, qui prendra le nom de Mrs. William Hayward, puis de Mrs. John E. Rovensky, New York (1918-57 ; vente de sa propriété de Parke-Bernet à New York, le 16 janvier 1957, no. 458, sous le titre « Angélique et Medor ») ; Mr. et Mrs. Jack Linsky, New York (1957-80) ; Mrs. Jack Linsky, New York (1980-82).
3. Pendant de Jupiter transformé en Diane pour surprendre Callisto, n°8 du Livret. La disposition croisée d’Angélique et de Médor, avec Angélique de dos au premier plan, semble empruntée au tableau de Toussaint Dubreuil sur le même sujet (voir lien). La figure de Médor en particulier copie très nettement son modèle du 16e siècle. Mais du coup le regard d’Angélique devient incompréhensible : en l’absence d’inscription, que regarde-t-elle ?