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Le Rameau d’Or (Cabinet des fées T3, 1717)

Notice #010038

Image HD

Série de l'image :
Le Cabinet des fées, Amsterdam, E. Roger, 1717, 8 vol. in-12
1717
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Munich, Bayerische Staatbibliothek
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Res/P.o.gall. 315-1/8
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Le prince Torticoli est fort spirituel, mais complètement contrefait. Le roi son père décide donc de le marier à une princesse de même allure, Torticoli refuse, il est enfermé dans une tour. Là, une galerie vitrée est ornée de peintures animées où il se reconnaît lui-même. Dans une armoire magique, une main coupée lui parle par signes. Suivant ses instructions, de cette galerie il accède à une chambre où se trouve une belle princesse endormie qui soupire après son amant Trasimène.
   
    « Il restait au pied de son lit comme immobile, ne sachant s’il devait l’éveiller ou la laisser plus longtemps dans un sommeil si triste ; il comprenait déjà que Trasimène était son amant, et qu’il en avait trouvé la main dans le donjon ; il roulait mille pensées confuses sur tant de différentes choses, quand il entendit une musique charmante; elle était composée de rossignols et de serins, qui accordaient si bien leur ramage, qu’ils surpassaient les plus agréables voix. Aussitôt un aigle, d’une grandeur extraordinaire, entra ; il volait doucement, et tenait dans ses serres un rameau d’or chargé de rubis, qui formaient des cerises. Il attacha fixement ses yeux sur la belle endormie ; il semblait voir son soleil ; et déployant ses grandes ailes, il planait devant elle, tantôt s’élevant, et tantôt s’abaissant jusqu’à ses pieds.
   Après quelques moments, il se tourna vers le prince, et s’en approcha, mettant dans sa main le rameau d’or cerisé ; les oiseaux qui chantaient poussèrent alors des tons qui percèrent les voûtes du palais. Le prince appliqua si bien son esprit aux différentes choses qui s’entre-succédaient, qu’il jugea que cette dame était enchantée, et que l’honneur d’une aventure si glorieuse lui était réservé ; il s’avance vers elle, il met un genou en terre, il la frappe avec le rameau, et lui dit :
   Belle et charmante personne, qui dormez par un pouvoir qui m’est inconnu, je vous conjure au nom de Trasimène de rentrer dans toutes les fonctions de la vie, qu’il semble que vous avez perdue. »