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Le renard et la cigogne - Frans Snyders

Analyse

Cigogne ou héron ?
   
   Texte de la fable :
   Compère le Renard se mit un jour en frais,
¬†¬†¬†Et retint √† d√ģner comm√®re la Cigogne.
   Le régal fut petit et sans beaucoup d’apprêts :
   Le Galand, pour toute besogne
   Avait un brouet clair (il vivait chichement).
   Ce brouet fut par lui servi sur une assiette.
   La Cigogne au long bec n’en put attraper miette ;
¬†¬†¬†Et le Dr√īle eut lap√© le tout en un moment.
   Pour se venger de cette tromperie,
   À quelque temps de là, la Cigogne le prie.
   Volontiers, lui dit-il, car avec mes amis
   Je ne fais point cérémonie.
   À l’heure dite, il courut au logis
¬†¬†¬†De la Cigogne son h√ītesse ;
   Loua très fort sa politesse,
¬†¬†¬†Trouva le d√ģner cuit √† point.
   Bon appétit surtout ; Renards n’en manquent point.
   Il se réjouissait à l’odeur de la viande
   Mise en menus morceaux, et qu’il croyait friande.
   On servit, pour l’embarrasser
   En un vase à long col, et d’étroite embouchure.
   Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer,
   Mais le museau du Sire était d’autre mesure.
   Il lui fallut à jeun retourner au logis,
   Honteux comme un Renard qu’une Poule aurait pris,
   Serrant la queue, et portant bas l’oreille.
   Trompeurs, c’est pour vous que j’écris,
   Attendez-vous à la pareille.
Annotations :
3. Variante au Mémorial Art Gallery, Université de Rochester, Etat de New York.
Sources textuelles :
La Fontaine, Fables (1668-1692)
Livre I, Fable 18, Pléiade p. 57

Informations techniques

Notice #011168

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Identifiant historique :
B0487
Traitement de l'image :
Image web