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Olympe abandonnée par Birène (Rol fur Plassan 1795, ch10) - Cipriani
Olympe abandonnée par Birène (Rol fur Plassan 1795, ch10) - Cipriani

Notice #001150

Image HD

Série de l'image :
Lodovico Ariosto, Orlando furioso, Paris, Plassan, 1795, 4vol gr in-4°
Auteur(s) :
Cipriani, Giovanni Battista (1727-1785)
Bartolozzi, Francesco (1725 ou 1727-1815)
Date :
1795
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés yd 91, volume 1
Sujet de recherche :
Iconographie du Roland furieux
Traitement de l'image :
Scanner
N° de commande :
2110189
Date de commande :
22/06/2001
Photo sur papier
Localisation de la reproduction :
Montpellier, Inst. de rech. sur la Renaissance l’âge classique & les Lumières

Analyse

Analyse de l'image :

   Birène, qui préfère à sa jeune et héroïque épouse la fille de son ancien geôlier Cimosque, abandonne Olympe sur une île, profitant de ce qu’elle s’est endormie après avoir fait l’amour.     L’espace restreint de la scène est délimité par la draperie qui a servi de tente à Olympe et à Birène pour la nuit. La pénombre sur laquelle se détache le corps blanc d’Olympe s’oppose à la clarté du lointain dans lequel s’éloigne, à gauche, le vaisseau de Birène. Aucun regard n’est porté depuis l’espace vague vers l’espace restreint, puisque Olympe est seule, mais le croissant de lune voilé, en haut à gauche, fait pendant au visage d’Olympe enfoui dans sa main droite, en signe de désespoir.     Le moment représenté est le moment où Olympe, venant de s’éveiller, constate que Biren n’est plus à côté d’elle : de sa main gauche, elle a tâté l’emplacement vide du lit, avant de se tourner pour se lever (str. 21). Elle n’a pas encore vu le vaisseau de Biren, qui lui est caché par sa main droite et par le rideau du lit, mais son visage marque qu’elle devine déjà son malheur. Il s’agit bien là d’un instant prégnant, par lequel le dessinateur suggère à la fois ce qui s’est passé avant, la nuit avec Biren, et ce qui se passera après, lorsque Olympe découvrira que le vaisseau est parti.     Noter en bas à gauche le clou par lequel le rideau de lit est fixé au sol. Ce petit clou fait pendant à la boule de bois du pied de lit et organise la ligne de fuite pour l’œil, de la droite vers la gauche. L’enfoncement dans le lointain est en même temps glissement dans le temps, vers le futur.         Olympe appuie sa paume droite contre sa tête, faisant écran de sa main à son regard. Cet écran constitutif du dispositif scénique est redoublé par le drapé qui retombe derrière elle, et, derrière encore, par le promontoire où bientôt elle se précipitera pour supplier en criant le vaisseau de faire demi-tour (str. 34). Le bras d’Olympe, le drapé de la tente et le promontoire, imparfaitement superposés pour figurer le feuilletage du temps, séparent à droite l’espace restreint, intime, de la tente, de l’espace vague de la mer à gauche.

Annotations :

1. En haut au centre : « CH. X. Pag. 165 ». Signé en bas à gauche « Cipriani del. », à droite « Bartholozzi sc. » 2. Gravure reprise de l’édition Baskerville/Molini, Birmingham et Paris, 1773 où elle portait le titre suivant : Che debo far ? che poss’io far qui sola ? / Chi mi da ajuto, oimè, chi mi consola ? 3. Sur le modèle d’Ariane à Naxos.