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La mère qui surprend sa fille sur une botte de paille - Baudouin

Notice #011752

Image HD

Série de l'image :
Paris, Salon de 1767
Artiste :
Baudouin, Pierre-Antoine (1723-1769)
Date :
1767
Nature de l'image :
Gouache
Sujet de l'image :
Sujet de genre
Lieu de conservation :
Paris, Musée des Arts décoratifs
Dimensions (HxL cm) :
29x21

Analyse

Analyse de l'image :
Les Soins tardifs, dits aussi La mère qui surprend sa fille sur une botte de paille.
   
   Livret du Salon de 1767 :
    « Par M. Baudouin, Académicien.
    73. [Le Coucher de la Mariée.
    74. Le sentiment de l’Amour & de la Nature, cédant pour un temps à la nécessité.
    Tableaux peints à gouasse.
    75. Huit petits Tableaux en miniature, représentant une suite de la Vie de la sainte Vierge.
    76. Le premier Feuillet du Volume des Epîtres & Evangiles, commandé par le Service de la Chapelle du Roi, par M. de Fontanieu, Conseiller d’Etat, Intendant général des meubles de la Couronne.
    77. Plusieurs Portraits & autres Sujets peints à gouasse & en miniature, sous le même numéro. »
   
   Dit aussi « La Chaumière ». Diderot, Salon de 1767, DPV XVI 295.
   Le titre primitivement donné par Diderot est plus suggestif : « La mère qui surprend sa fille sur une botte de paille » Voir DPV XVI 294 et note 502.
   
    «  Je regarde et tout cela ne me paraît que de beaux écrans. — Même la Chaumière et la Mère qui surprend sa fille sur une botte de paille ? — J’en excepte celui-là. Il est à gouache, mais les tons en sont si lumineux, qu’on le croirait à l’huile. Je suis juste, comme vous voyez. Je ne demande pas mieux que d’avoir à louer, surtout Baudouin, bon garçon que j’aime et à qui je souhaite de la fortune et du succès. Sa Chaumière est encore mieux peinte et d’un meilleur effet que sa Crèche. Peu s’en faut que ce ne soit une excellente chose ; car c’en est une très bonne.
    4. La Chaumière
    A droite, grande porte de grange. Au-dessus, poutres, chevrons, espèce de fabrique où voltigent des pigeons. Au bas, escalier d’où l’on descend dans la chaumière. Autour de cet escalier, sur le devant, une chèvre et des ustensiles de ménage champêtre. Au centre de la toile et du tableau, une vieille, le dos courbé, le visage allumé de colère, les poings sur les côtés, gourmandant sa fille étendue sur une botte de paille qu’elle partage avec un jeune paysan. Pauvre lit ! mais que je troquerais bien pour le mien ; car la fille est jolie. Elle n’y gagnerait pas. Son ajustement n’a pas le sens commun ; son élégance jure avec le lieu et la condition des personnages. Les bottes de paille, ce rustique théâtre du plaisir, est au pied des murs de quelques étables dont la couverture descend en pente, du fond, vers le devant. Tout à fait à gauche, espèce de retraite ou d’enfoncement où l’on a placé des outils de laboureur.
    Je reviens sur mon premier jugement. Tout ceci, bien peint, mais très bien peint, n’est qu’un amas de contradiction. Point de vérité. Point de vrai goût. Je suis révolté de la bassesse de cette vieille, de ces bottes de paille, de cette écurie, et de cette élégante et de cet élégant qui la caresse. C’est du Fontenelle brouillé avec du Théocrite. C’est la composition d’une tête faible, étroite et déréglée. Baudouin transportera la fausse gentillesse de son beau-père dont il est épris, les grâces de Boucher, dans une grange, dans une cave, dans une prison, dans un cachot. Il fourrera partout la petite maison et le boudoir. Il n’entend rien à la convenance. Il ne sait pas qu’il faut que tout tienne. Il ignore ce que les autres savent sans l’avoir appris et pratiquent de jugement naturel et d’instinct. Ce tact lui manque, et j’en suis fâché.  » (Salon de 1767, CFL  VII  231-2)