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Le départ du courrier - Boucher
Le départ du courrier - Boucher

Notice #001211

Image HD

Série de l'image :
Paris, Salon de 1765
Auteur(s) :
Boucher, François (1703-1770)
Date :
1765
Nature de l'image :
Peinture sur toile
Sujet de l'image :
Sujet de genre. Pastorale
Lieu de conservation :
New York, The Metropolitan Museum of Art
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
don de Mrs Joseph Heine en mémoire de son mari I.D. Levy, 1944 (44.141)
Traitement de l'image :
Image web
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
http://www.insecula.com (insecula)

Analyse

Analyse de l'image :

Livret du Salon de 1765 :
    « Par M. Boucher, Premier Peintre du Roi, Recteur.
    8. […]
    11. Quatre Pastorales, dont deux sont ovales, sous le même numero.
    Ces Tableaux ont environ 15 pouces de haut, sur 13 de large. »
   
   Mercure de France, octobre 1765, p. 152 :
    « Par une suite naturelle de l’esprit qui avoit dirigé l’exposition des morceaux de feu M. Vanloo, on avoit mis au même endroit plusieurs morceaux de M. Boucher, son sucesseu dans la place de premier Peintre du Roi, appellé à cet honneur par le vœu général des connoisseurs, & presque désigné par la célébrité de son nom.
    Une maladie considérable, suivie d’une fort longue convalescence, n’ayant pas permis à M. Boucher de s’occuper de grand souvrages, on n’a vu cette année d elui que des sujets galans, tels que Jupiter transformé en Diane pour surprendre Calisto. Angélique & Médor (7), pastorales (8) d’une plus gra,de forme que les précédens. On y avoit joint un tableau d’environ deux pieds & demi d ehaut sur deux pieds de large, représentant une femme qui attache une lettre au col d’un pigeon. Dans ces divers morceaux on a reconnu le génie fertile du plus bel esprit de ce siècle en peinture. Toujours fécond en moyens de diversifier de mille façons plus agréables les unes que les autres une idée galante & spirituelle, cet Artiste ne paroît qu’agréable aux yeux vulgaires, tandis que par l’art du dessein, le charme de son faire & les grâces de son pinceau, il étonne, il attache le connoisseur & les Peintres, dont il est toujours admiré.
    Ce sont particulièrement ces derniers qui ont senti tout le mérite de six autres petits tableaux de pastorales, où le Peintre s’est plû à représenter l’ancien usage d’employer des pigeons à porter & à rapporter des lettres. Ces tableaux sont une espèce de prodige de l’art pour la finesse de la touche, & pour le précieux du fini, sans mollesse, sans affoiblissement ; au contraire, tout pétille de force & de grâces. On a peine à concevoir par quelle sorte de magie de l’art, un Artiste, accoutumé à ne travailler que dans le grand, est parvenu à se réduire dans cet autre genre, sans que son pinceau en soit devenu ni moins large ni moins libre. La nature est sans doute embellie par ce Peintre jusques dans la fraîcheur & dans l’éclat des paysages, mais elle n’est point altérée. C’est, pour ainsi dire, un autre principe de lumière, plus pur, plus radieux qui la liui fait voir, & sous l’aspect duquel il nous la présente. Ceux qui, par préjugé, croyent le coloris de M. Boucher trop brillant pour être toujours d’accord, n’ont qu’à consulter le stableaux existans de lui après plusieurs années, ils seront obligés de convenur que ce qu’ils avoient cru paillotter (pour se servir du terme ordinaire) est devenu le modèle de la fonte & de l’union la plus parfaite des tons. Ce qui arrive invariablement ne peut être l’effet du hsard, il faut donc que ce soit celui d’une entente particulière à ce Peintre, dans l’emploi des couleurs. Une expérience plus récente serviroit à détruire ce préjugé (s’il pouvoir avoir lieu). On avoit placé parmi ce spetites pastorales plusieurs paysages en petit du fameux M. Vernet, & cet ensemble formoit, pour ainsi dire, une collection de diamans précieux au milieu d’un grand trésor de richesses. Personne assurément ne refuse aux ouvrages de ce dernier la plus exacte & la plus pure vérité d’imitation. Plusieurs amateurs ont éprouvé qu’à certaine distance le stableaux de ces deux grands Maîtres produisoient un accord de couleur aussi agréable que brillant. En se rapprochant on reconnoissoit la distinction des styles ; mais il en résulte toujours que le principe de vérité étoit le même. Dans tous les arts les grand shommes vont & parviennent au beau, au vrai par des voies différentes. »
   
   (7) Tableaux ovales d’environ deux pieds de haut sur un pied & demi de large, du cabinet de M. Bergeret de Grancour.
   (8) Tableaux de sept pieds six pouces de haut sur quatre pieds de large.
   
   Mathon de la cour, Lettres à Monsieur ***…, 1765, p. 12-13 :
    « M. Boucher, qui vient de succéder à la place d epremier Peintre, a donné plusieurs tableaux. L’un représente Jupiter transformé en Diane pour surprendre Calisto. L’autre, Angélique & M&dor. Il y a ensuite huit Pastorales & un Paysage. Dans ces Pastorales, le Peintre s’est plu à retracer l’ancien usage d’employer les pigeons à porter des lettres. Tantôt il a peint un Berger ou une Bergere qui attachent un billet au cou d’un pigeon ; tantôt une Bergere qui étend la main vers son petit Pessager, de l’air le plus tendre & le plus impatient. Cela présente à l’imagination des idées galantes. M. Boucher est un des Artistes le splus ingénieux & les plus féconds qu’il y ait jamais eu. Mais on lui reproche des compositions trop chargées d’objets, un coloris maniéré & des négligences dans le clair obscur. Au lieu de la belle nature, il lui arrive quelquefois d epeindre la nature embellie. Les Bergers de ses Pastorales ressemblent à ceux de Fontenelle. »
   

Annotations :

1. Signé et daté en bas à droite sur une pierre : « f Boucher | 1765 ».
2. Don de madame Joseph Heine, en mémoire de son mari, I. D. Levy (1944).
3. Le tableau a été gravé par Jacques Firmin Beauvarlet, peut-êtte en 1769. Voir Louvre, Département des arts graphiques, Réserve Edmond de Rothschild, Portefeuille 443, 19051 LR/ Recto ; Bnf Estampes, RESERVE EF-26 (3)-FOL .