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Sinoüis retrouve Lamékis au cachot (Voyages imaginaires, Lamékis 4) - Marillier

Notice #012395

Image HD

Série de l'image :
Marillier, Dessins pour les Voyages imaginaires, 1 vol., 1786
Auteur(s) :
Marillier, Clément-Pierre (1740-1808)
1786
Nature de l'image :
Dessin (lavis)
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Cabinet des Estampes
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Reserve 4-EF-79
Traitement de l'image :
Photo numérique
Localisation de la reproduction :
Collection particulière (Cachan)

Analyse

Analyse de l'image :
Huitième et dernière partie.
    Lamékis changé en serpent surprend la conversation d’un paysan, qui raconte comment l’horrible Zélimon lui a ordonné de construire un appartement souterrain pour la femme qu’il aime. Lamékis tue Zélimon (ou plutôt croit le tuer) puis se glisse de son tombeau dans le souterrain qu’il a fait faire jusqu’à l’appartement où il a fait enfermer son épouse Clémelis après l’avoir enlevée. En creusant sous la porte, il parvient à pénétrer à l’intérieur : Clémelis est en larmes, il se glisse dans son lit, et reprend forme humaine au contact d’une femme chaste et fidèle. Mais Clémelis a disparu :
    « Je me voyois de nouveau en prison nu comme la main, sans alimens pour soutenir ma vie malheureuse […].
    « Je passai trois jours & trois nuits dans cet état affreux ; sur la fin de la quatrième, j’entendis ouvrir mes verroux, je levai la tête, en attendant avec impatience qui venoit me visiter. Je me flattai un moment que c’étoit Clémelis ; mais quelle fut ma surprise de reconnoître à l’ouverture de la porte ce même Sinoüis, que j’avois vu hibou, & que j’avois cru mort ? Il étaoit enchaîné comme une bête féroce, & suivi d’une troupe de culambis (1), mais ce qui me jeta dans une surprise extrême, étoit qu’il avoit conservé le bec de hibou. A peine m’eut-il envisagé, qu’il jeta un cri d’étonnement & de joie, leva ses bras appesantis de fers & voulut venir à moi ; je le prévins. Quoi ! je vous retrouve, mon cher Sinoüis, m’écriai-je en le serrant tendrement dans mes bras, quoi ! c’est vous que j’ai cru mort & pour qui j’ai versé tant de pleurs ? Les culambis ne nous donnèrent pas le tems d’en dire davantage, ils se jetèrent sur moi, me chargèret à mon tour de cruels liens, & se retirèrent sans vouloir m’apprendre par quel ordre j’étois traité si inhumainement.
    (1) Archers ou gardes qui arrêtoient & veilloient les criminels ; il ne leur étaoit permis d’avoir qu’un œil, ils portoient l’autre pendu au col ; c’étoit la marque de leur office. Lorsqu’ils arrêtoient quelqu’un, ils lui donnoient un soufflet, en lui disant : vive la liberté. On ne sauroit être trop clair lorsqu’il s’agit d’instruire un lecteur curieux. »
   
    Sinoüis et Lamékis se racontent leurs aventures et découvrent bientôt que Zélimon, qui n’est pas mort, est également enfermé avec eux. Ils sont bientôt transférés à la capitale pour leur procès. Zélimon, qui a des protections, est acquitté ; Lamékis et Sinoüs, qui sont étrangers, sont condamnés à mort. Mais Clémelis, confiée à la garde de la reine, plaide pour leur grâce. Le chien du roi étant malade de langueur, Lamékis peut le guérir grâce à la peau de serpent qui lui est restée de son ancienne métamorphose, et obtient la libération de Sinoüis.
Annotations :
1. Au-dessus du dessin à gauche « lamekis », à droite « n°. 40 »
Légende dans le cartouche sous le dessin « Quoi ! je vous retrouve, mon cher Sinoüis. »
2. Gravure avant la p. 211 du volume 21 des Voyages imaginaires.