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Silvie, Galathée et Léonide au chevet de Céladon (L’Astrée, 1733, I, 2)

Notice #012585

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Rigaud, Jacques (vers 1681-1754)
Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7041
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Après sa noyade, Céladon a été porté au palais d’Isoure. Les nymphes observent le berger étendu endormi sur un lit. La gravure joue sur le motif de la Belle endormie.
   Contrairement à la gravure de 1633, qui plaçait les personnages en position de récit (dispositifs d’epression), tout est recentré ici sur la vision d’Astrée, la découverte visuelle de son corps (dispositif scénique). C’est la même évolution que pour la gravure du livre 1.
   
   Céladon s’éveille une première fois, seul :
   
   Texte de 1607 :
    « Celadon receut des trois belles nymphes, dans le Palais d’Isoure, tous les meilleurs allegements qui leur furent possibles ; mais le travail, que l’eau luy avoit donné, avoit esté si grand, que quelque remede qu’elles luy fissent, il ne peut ouvrir les yeux, ny donner autre signe de vie que par le battement du coeur, passant ainsi le reste du jour, et une bonne partie de la nuict, avant qu’il revint à soy. Et lors quil ouvrit les yeux, ce ne fut pas avec peu d’estonnement de se trouver où il estoit advenu sur le bord de Lignon, et comme le desespoir l’avoit fait sauter dans l’eau : mais il ne sçavoit comme il estoit venu en ce lieu, et apres estre demeuré quelque temps confus en ceste pensée, il se demandoit s’il estoit vif ou mort. »
   
   Réécriture de 1733 :
    « Celadon reçut des nymphes dans le palais d’Isoure tous les secours qu’elles purent lui donner ; mais, malgré leurs soins attentifs, il ne put encore ouvrir les yeux, ni donner d’autre signe de vie que la respiration. Il passa le reste du jour, & une partie de la nuit, en cet état. Quel fut son étonnement, lorsqu’il ouvrit les yeux, de se trouver où il étoit ! Car il se souvenoit bien de ce qui lui étoit arrivé sur les bords du Lignon, & comme il s’y étoit jetté dans son desespoir, mais il ignoroit comment il étoit venu en ce lieu. Il demeura quelque temps occupé de cette pensée ; puis il se demandoit à lui-même s’il étoit vif ou mort. »
   
   C’est après qu’il s’est rendormi que les nymphes lui rendent visite :
   
   Texte de 1607 :
    « Avec mille semblables imaginations, ce pauvre berger se r’endormit d’un si long sommeil, que les nymphes eurent loisir de venir voir comme il se portoit, et le trouvant endormy, elles ouvrirent doucement les fenestres, et les rideaux, et s’assirent autour de luy pour mieux le contempler. Galathée apres l’avoir quelque temps consideré, fut la premiere qui dit d’une voix basse, pour ne l’esveiller : Que ce berger est changé de ce qu’il estoit hier, et comme la vive couleur du visage lui est revenue en peu de temps ! Quant à moi, je ne plains point la peine du voyage, puisque nous lui avons sauvé la vie ; car, à ce que vous dites, ma mignonne (dit-elle, s’adressant à Silvie) il est des principaux de cette contrée. – Madame, respondit la nymphe, il est tres-certain, car son pere est Alcippe, et sa mere Amarillis. – Comment, dit-elle, cet Alcippe de qui j’ay tant ouy parler, et qui pour sauver son amy, força à Usson les prisons des Visigots ? »
   
   Réécriture de 1733 :
    « Agité de ces differentes pensées, il s’endormit, & les nymphes l’ayant trouvé enseveli dans le sommeil, elles ouvrirent doucement les fenêtres & les rideaux, & s’assirent autour de lui. Galatée, après l’avoir consideré : “qu’il est different de ce qu’il étoit hier, dit-elle doucement à ses compagnes, & comme en peu de tems il a repris de vives couleurs ! Je ne plains point les fatigues du voyage, puisque nous lui avons sauvé la vie, & qu’aussi bien, continua-t-elle en s’adressant à Sylvie, vous m’avez assuré qu’il est des principaux de cette contrée. Sans doute, Madame, répondit la nymphe. Il est fils d’Alcipe & d’Amaryllis... Quoi, de cet Alcippe dont j’ai tant oui parler, & qui pour délivrer son ami, força à Ussum les prisons des Visigots ? »
Annotations :
1. Sous la gravure à droite « I. Part. 30. »
2. Gravure frontispice du 2e livre, après la p. 30.