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Les Hommes-oiseaux (Rétif, Découverte australe, 1781)

Notice #012762

Image HD

Série de l'image :
Rétif de la Bretonne, La Découverte australe par un homme volant, 1781
Auteur(s) :
Binet, Louis (1744-1800)
Date :
1781
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Troyes, Médiathèque du Grand Troyes
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
DG 10149
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
« Ils virent autour d’eux des espèces d’hommes, qui n’avaient que le buste, et tout entourés d’une pellicule qui leur servait d’ailes, au moyen desquelles ils volaient avec la plus grande rapidité. Ils les écartèrent facilement avec une sorte de pique, dont ils s’étaient munis pour la première fois, ces hommes-chauves-souris n’ayant aucun membre dont ils pussent se servir, que leur bouche avec laquelle ils happaient de gros scarabées [...], des hannetons, etc., en quoi consistait leur nourriture. Rassurés par la timidité de leurs ennemis, les trois princes avancèrent dans l’intérieur de l’île mais sans mettre pied à terre. Ils parvinrent à une montagne, dans les antres de laquelle ils entendirent des cris désagréables, qui ressemblaient fort au cri du chat-huant, mais beaucoup plus nourris. A l’instant où ils abordèrent sur la montagne, ils virent s’élever de gros oiseaux, qui avaient des plumes, une tête d’homme, avec un nez de chat, et un espèce de bec fort court, qui se mirent en devoir de les attaquer. Mais les princes les effrayèrent par quelques coups de pistolets qui, en ayant renversé plusieurs, mirent tous ces hommes- chats-huants en fuite. Hermantin et ses compagnons, débarrassés de ces ennemis, s’abattirent dans la plaine, et tâchèrent de trouver des habitations. Ils n’en virent aucune, mais s’étant élevés au-dessus d’un bois, tout composé de gros arbres qui paraissaient élagués et éclaircis par art, ils trouvèrent sur chacun de ces arbres une espèce de nid, composé de branchages assez forts, et recouverts d’une calotte de terre pétrie avec de la mousse, à peu près dans la forme des nids de pie ou de corbeau. Ils visitèrent cette ville d’une nouvelle espèce, dont toutes les maisons étaient exactement fermées, n’ayant qu’une ouverture par en haut pour donner passage à l’air. [...] Elles étaient assises sur le haut de la tige de l’arbre, et leurs appuis étaient entrelacés avec beaucoup d’art dans les plus grosses branches. Tous ces arbres étaient fruitiers, et portaient une espèce de châtaigne qui était alors à maturité : ce qui marquait de l’intelligence dans ces habitants, quels qu’ils fussent. [...] Ces peuples se couchaient de bonne heure, comme tout ce qui tient à la gent volatile, et se levaient très matin. A peine l’aurore indiquait-elle la renaissance du jour, que les sauvages-ailés ouvrirent la porte de leurs nids, dont ils sortirent en foule avec des cris fort aigus. [...] Il n’y avait pas moyen de fuir, les ennemis assaillaient de tous côtés ; il ne restait d’autre route que celle des régions supérieures et froides : les six princes s’élevèrent autant qu’il leur fut possible de supporter la privation de chaleur et, de là, ils se défendirent avec leurs longues piques contre les hommes-oiseaux, qui s’élevaient en caracolant jusqu’à eux et redescendaient aussitôt, après avoir tâché de porter un coup de la pointe de leur nez osseux et crochu, ou d’une épine assez longue qu’ils tenaient à la main. Les Christiniens en blessèrent plusieurs, surtout un mâle et une femelle fort acharnés. Il y en eut cependant qui ne prirent aucune part à ce combat, qui effraya les hommes-hibous et chauves-souris au point de les faire sortir de leurs retraites. Cependant les princes s’éloignaient de l’île, en combattant toujours ; ils étaient si vivement poursuivis que plusieurs des ennemis blessés tombèrent dans la mer, où ils furent dévorés sur-le-champ par de gros poissons-volants. La poursuite finit au rocher [...], après que les Christiniens eurent fait usage de leurs pistolets, qui firent tomber dans la mer une vingtaine d’ennemis. Ce fut alors que tous les autres s’en retournèrent en poussant des cris perçants et si aigus que les princes crurent en perdre le sens de l’ouïe*. »
Annotations :
1. Au-dessus de l’image à gauche « II.e Vol. 418. »
Titre sous l’image : « Les Hommes-oiseaus »
Légende en note sur la page de gauche : « (*) 20.me Estampe : Un Homme et une Femme-oiseaux poursuivant avec acharnement les Princes-Christiniens. Hermantin, avec sa pique en repousse deux mâle & femelle, plus acharnés que les autres : on en voit un debout sur un arbre, près d’un nid : Un Homme-hibou et un Homme-chauvesouris sont sur le rocher. On entrevoit les extrémités d’Hommes-oiseaux qui fuient. »