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Les Hommes-lions (Rétif, Découverte australe, 1781)

Notice #012761

Image HD

Série de l'image :
Rétif de la Bretonne, La Découverte australe par un homme volant, 1781
Auteur(s) :
Binet, Louis (1744-1800)
Date :
1781
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Troyes, Médiathèque du Grand Troyes
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
DG 10149
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
« Deux habitants de l’île, sortis d’une caverne située tout au pied de la montagne, et qu’ils n’avaient pas remarquée, venaient à eux ventre à terre. Heureusement Hermantin jeta les yeux de leur côté ; il fit le signal et s’éleva d’un seul coup de parasol à quinze pieds ; les autres l’imitèrent [...]. Rien de si capable d’effrayer que ces deux êtres ! Qu’on se représente l’horrible figure du lion en furie, adaptée sur un corps humain velu ; une bouche fendue de l’une à l’autre oreille, avec des dents aiguës ; des mains et des pieds armés de griffes ; une jube épaisse au lieu de chevelure ; des yeux étincelants, dont le regard annonçait la soif du sang et du carnage. Hermantin fit à ces monstres quelques signes d’amitié, qui les mirent en fureur. Ils poussèrent un rugissement articulé, qui fit accourir à eux tous les hommes-lions des antres de la montagne. Les uns vinrent barbouillés de sang ; les autres tenant encore dans leurs griffes un quartier d’animal, qu’ils dévoraient en marchant. [...] Les six hommes-volants allèrent s’abattre sur une pointe de rocher, assez isolée pour n’y pouvoir pas être surpris, et de là, ils firent signe aux hommes- lions d’envoyer l’un d’eux. [...] L’homme-lion présenta la griffe : Hermantin allait la prendre en signe d’amitié, lorsqu’il vit s’avancer une femme-lionne, assez jolie pour cette espèce. Elle s’appuya sur l’épaule de l’homme-lion, en regardant Hermantin d’un air tendre-féroce. Elle examina curieusement ses ailes, et parut les admirer. Mais à l’instant où l’on s’y attendait le moins, elle embrassa le jeune camarade d’Hermantin, et s’élança pour l’emporter. Les cinq volants la retinrent ; et comme l’homme- lion déployait ses griffes pour la secourir, ils furent obligés de le frapper légèrement de leurs poignards. Les blessures de ces armes inconnues étonnèrent l’homme-lion, et le pénétrèrent de frayeur. Il les regarda, toucha une pointe, qui le blessa et lui fit faire un cri : tous ses compatriotes d’avancèrent à son secours. Alors Hermantin leur fit signe de s’arrêter et, sur leur refus, il fit tirer par un de ceux qui planaient, un coup de carabine qui cassa le bras à trois des plus avancés, et en blessa plusieurs autres. A ce coup inattendu, le femme-lionne effrayée montra les blessés à l’homme-lion, sans doute pour l’engager à se retirer. Toute la troupe s’arrêta*, et les femmes-lionnes allèrent au secours des blessés, dont elles léchèrent les plaies. L’homme et la femme-lion, qui étaient auprès des hommes-volants, demandèrent humblement à se retirer ; ce qui leur fut permis. Tous les autres s’enfuirent, laissant les trois blessés que les femmes-lionnes abandonnèrent aussi. »
Annotations :
1. Au-dessus de l’image à gauche : « IIe Vol. 396. »
Titre sous l’image : « Les Hommes-lions. »
Légende en note sur la page de gauche : « (*) 19.me Estampe : L’Homme-lion présentant la main à Hermantin, tandis qu’une Femme-lionne l’avertit de ce qui se passe dans le lointain. ☞ Comme l’Ile-tigre-léoparde tient à l’Ile-lionne, on a mis dans le même planche un Homme-tigre et une Femme-panthère, qui se partagent un chevreau : la Panthère a le croissant sur l’épaule. »