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Découverte d’un Sauvage anglais (Gaudentio di Lucca, 1786) - Burney

Notice #012775

Image HD

Série de l'image :
[Berington,] The adventures of Signor Gaudentio di Lucca, Londres, 1786
Artiste :
Burney, Edward Francis (1760-1848)
Angus, William (1752-1831)
Date :
1786
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle

Analyse

Analyse de l'image :
L’épouse de Gaudence, Sophrosine, fille du Pophar, est morte dans la foi chrétienne. Le Pophar songe à voyager et Gaudence lui persuade que sa frontière montagneuse n’est pas sure. Les voilà partis en expédition.
    « Nous étions dans un des endroits les moins pratiquables des rochers, lorsqu’un de nos compagnons crut appercevoir quelque chose qui ressembloit assez à un homme assis auprès d’un petit ruisseau sous un rocher extrêmement escarpé, précisément au-dessous. Nous détâchâmes trois hommes de notre compagnie pour l’empêcher de se sauver dans le bois, pendant que le Pophar & moi avancions vers lui à pas lents. Dès qu’il nous vit il se sauva, & disparut dans l’instant. Nous remarquâmes à peu près l’endroit où il s’étoit enfui ; & sûrs qu’il ne pouvoit pas nous échapper, nous nous mîmes tous à le chercher : enfin nous le découvrîmes dans le creux d’un tocher où il avoit coutume de se retirer. Son lit étoit fait de feuilles seches & de mousse, & dans un coin étoient différentes sortes de fruits secs dont il vivoit. Il parut étonné à notre vue ; & voyant que nous étions cinq à boucher l’entrée de sa caverne, il se mit en devoir de se défendre au cas que nous voulussions l’arrêter. Nous vîmes, en le regardant de plus près, qu’il avoit encore sur le corps des lambeaux d’un habit déchiré avec un reste de ceinturon, ce qui nous fit connoître qu’il étoit Européen. Le Pophar lui demanda en langue Franque quel il étoit, & par quel hazard il se trouvoit dans ces déserts ? Il secoua la tête pour marquer qu’il ne nous entendoit pas. Je lui parai à mon tput en François, en Italien, & en Latin, mais ne comprenoit aucune de ces langues. A la fin il s’écria, Inglis, Inglis. J’avois appris un peu d’Anglois pendant que je faisois mes études à Paris. (trad. française 1754, vol. 4, p. 90-92).
Annotations :
1. Signé sous l’image à gauche « E. F. Burney del. », à droite « Angus sculp. ».
Mention en bas de la page : « Published as the Ac directs by Harrison & Co. April 1. 1786. »