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Mirmadolin, Santon de la vallée de Sidon (L’Espion Turc, 1742, t. 5)

Notice #012879

Image HD

Série de l'image :
[Marana,] L’Espion turc dans les cours des princes chrétiens, Londres, 1742
Date :
1742
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
« Lettre VI.
    A Mirmadolin Santon de la Valée de Sidon. Pour applaudir à sa sainte vie.
    1661.
    Je vais te parler de choses saintes, & je ne dirai que ce que la divinité m’inspirera. La Lune prit le Deuil quand le Prophéte Hosain fut tué. On entendit durant le silence de la nuit les Tambours de Perse, d’Asie, & de Babilone : Leur son monta jusqu’au troisiéme Ciel. Les Bergers coururent sur les hauteurs pour découvrir le sujet d’un si grand bruit. Les sentinelles des forteresses & Châteaux donnerent l’allarme, & les gens de guerre prirent l’épée, la fléche, & le javelot. Le fleuve du Tigre sortit de son lit, & la ville de Diarberkir devint un Lac. Le firmament fut couvert de sombres buages, qui furent suivis de tonnerres, d’éclairs & de gréle. Le feu courut le long des sables du désert, & l’air se trouva tout enflâmé. Les mortels furent saisis d’horreur, & les Anges mêmes incommodez. […]
    Ta foy est grande Santon, d’avoir abandonné l’ombre de ce monde, & de t’être séparé de la contagion des Mortels. Je revere la majesté de ton ame sublime, qui agit en toute liberté comme bon lui semble. Tu cueilles tous les jours des fleurs du jardin d’Eden, & jouïs dés cette vie des douceurs du Paradis. Les Rois renonceroient à leur couronne pour goûter tes plaisirs, s’ils les connoissoient, & changeroient toute la gloire d eleur Empire pour un momeent de la félicité inexprimable dont tu joüis. Tu es le compagnon & le soin des Anges, & les délices du Monarque tout puissant. » (éd. 1699, t. 5, p. 14-15)
Annotations :
3. Copie grossière et resserrée en largeur de la gravure de Sébastien Le Clerc pour l’Histoire de l’Etat présent de l’Empire Ottoman, de Briot, Amsterdam, chez Abraham Wolfgank, 1670, p. 264 (Chapitre XVII. De l’Ordre des Kalenderis.) La légende de 1670 est : « Un Santon, ou St Homme des Turcs.)
La gravure est également imitée par Duflos pour les Mœurs et usages des Turcs, leur religion, leur gouvernement civil, militaire et politique… de Jean-Antoine Guer, Paris, Coustelier, 1746, t. 1, livre II, face p. 284, dont la légende porte « Un Santon ou St homme des Turcs ». Mais Duflos condense deux gravures en une.