Mélidore recueille Phrosine noyée (Phrosine et Mélidore, 1772, chant IV) - Baquoy d’après Eisen
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Analyse
Mélidore s'est retiré en ermite sur une île du détroit de Messine. Phrosine tente de traverser la mer de nuit à la nage pour rejoindre la retraite de son amant. Mais elle est trompée par une lumière allumée par Jule, amant malheureux et jaloux, à l'instigation de son odieux frère Aymar. La lumière est censée indiquer le rivage, alors qu'ils sont montés sur un bateau : par elle ils éloignent Mélidore de la côte. Lorsqu'elle s'est bien égarée, ils éteignent la lumière et elle se noie. Mélidore s'inquiète de ne pas voir arriver Phrosine :
Il va s'en plaindre au fatal élément,
Il en approche. O frayeur d'un amant !
Ma main frissonne à tracer cette image,
Il voit flotter un corps près du rivage ;
L'effroi l'amour précipitent ses pas
Vers ce jouet de l'onde et du trépas.
Quel coup de foudre ! O ciel ! c'est son amante
Qu'à ses pieds roule une vague écumante.
C'est elle ! Il tombe, immobile, éperdu,
Sur cet objet dans le sable étendu.
C'est elle ! … Il sort de cette horreur profonde,
Pour détester le ciel, la terre, et l'onde.
Sous la pâleur de ses livides traits,
Il voit, contemple, adore ses attraits,
Touche son cœur pour y chercher la vie.
Tout est glacé, la Parque est assouvie. (p. 53)
1. Signé sous la gravure à gauche « Ch. Eisen. inv. », à droite « C. Baquoy. sculp. »
Informations techniques
Notice #012994