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Vue du Port de La Rochelle (série des Ports de France) - Vernet
Vue du Port de La Rochelle (série des Ports de France) - Vernet

Notice #001323

Image HD

Série de l'image :
Date :
1762
Nature de l'image :
Peinture sur toile
Sujet de l'image :
Composition de l'image :
Petite(s) scène(s) dans un paysage ou une fabrique
Lieu de conservation :
n° inv. 5OA11, Dépôt du Louvre
Traitement de l'image :
Image optimisée par Esrgan

Analyse

Analyse de l'image :

Livret du Salon de 1763 :

« Par M. Vernet, Académicien.
90. Vûe du Port de la Rochelle ; prise de la petite Rive. Les deux Tours qu’on voit dans le fond, sont l’entrée du Port qui asséche en basse marée. Pour jetter quelques variétés dans les habillemens des Figures, on y a peint des Rochelloises, des Poitevines, des Saintongeoises, & des Olonnoises. La Mer est haute, & l’heure du jour est au coucher du Soleil. Ces deux Tableaux [avec le Port de Rochefort] appartiennent au Roi, & sont de la Suite des Ports de France, exécutée sous les ordres de M. le Marquis de Marigny. »

Extraordinaire du Mercure de France, sept 63, p. 41 : 

« Nous n’avons point d’expressions, & il seroit difficile d’en trouver pour rendre toute l’admiration qu’on a donnée aux Ouvrages exposés par M. Vernet, & pour en célébrer le rare mérite. Ils consistent, 1°. En deux grands Tableaux, l’un représentant le Port de Rochefort, & l’autre celui de la Rochelle. Dans l’un & dans l’autre se trouve réuni tout ce qu’a jamais produit & tout ce que pourra produire le prestige de la Peinture. L’ingratitude des Fabriques répétées & pour ainsi dire rimées, qui se trouvent dans ces Ports, est si ingénieusement sauvée par l’artificieux emploi des lumières, qu’elles deviennent des beautés auxquelles on ne peut se refuser, & d’où les regards ont peine à s’arracher. Chaque objet particulier est d’une si éxacte vérité, que ce n’est point l’imitation, mais la nature même qui nous y attache : & l’ensemble de ces objets est si artistement fondu, si bien lié par l’art du Peintre, que rien ne heurte la vue, & que tout satisfait également celle du Connoisseur comme celle du Vulgaire. Le spectateur distingue chaque partie de ces admirables compositions ; il marche [42] dans les chemins qui y sont tracés ; il est prêt d’aller à bord avec les Matelots ; il parcourt les Atteliers, voit les différentes manœuvres, il converse avec les personnages dont les Figures, ingénieusement grouppées, donnent de la vie & du mouvement à ces chefs-d’œuvre de l’Art. »

Mathon de La Cour, lettre II :

« La vue du Port de la Rochelle est prise de la petite rive. M. Vernet y a peint des Rochelloises, des Poitevines, des [44] Saintongeoises & des Ollonnoises ; cela jette dans l’habillement des figures, une variété fort agréable. La mer est haut, & l’heure du jour est au coucher du soleil. M. Vernet est asservi dans ces sortes d’ouvrages comme on l’est dans les Portraits, pour rendre fidélement ses modeles. Cependant l’effet de cet esclavage ne se fait point sentir. Il choisit si adroitement ses points de vue, qu’on prendroit ses Tableaux pour des chefs-d’œuvres de l’imagination la plus heureuse. Son coloris est vrai & brillant, ses figures sont dessinées avec esprit, toutes ses attitudes sont expressives ; on retrouve par-tout la nature. Il paroît que cet Artiste en a fait une étude singuliere. Il se plaît à en exprimer les beaux effets. Ses ciels sont admirables. Dans le Tableau du Port de Rochefort, une vapeur légere annonce que le soleil n’est pas bien avancé dans sa carriere. On croit sentir la fraîcheur du [45] matin. Dans la vue de la Rochelle, l’Auteur a exprimé d’une maniere plus piquante encore, & qui lui est plus particuliere, le moment où le soleil en se couchant dore le Ciel de ses rayons. La magie de la perspective, l’action & le mouvement des figures, l’accord qui se trouve entre les différens grouppes, l’unité & l’harmonie de l’ensemble, la précision des détails, toutes ces parties se trouvent réunies chez M. Vernet. »

Annotations :

1. « Peint à la Rochelle par J. Vernet en 1762 ».

2. 13e tableau de la série des Ports de France exécutée sous les ordres du Marquis de Marigny. Payé en partie en juin 1762 (« 6000 livres et ne reste plus que 3000 livres pour les tableaux de Rochefort et de la Rochelle »). Cat. Ingersoll Smouse, n°760.

3. Copie du tableau par Pinel au musée de La Rochelle.