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Entrevue de Louis XIV et de Philippe IV, Île des Faisans, 7 juin 1660 - Le Brun et atelier
Entrevue de Louis XIV et de Philippe IV, Île des Faisans, 7 juin 1660 - Le Brun et atelier

Notice #013651

Image HD

Date :
1670
Nature de l'image :
Carton de tapisserie
MV1068 ; MV 2059 ; INV 2973 ; B 1757
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :

Cette rencontre suivit la signature du Traité des Pyrénées (7 nov. 1659), qui comportait, comme clause secrète, le futur mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche, fille aînée de Philippe IV et nièce de la reine mère de France, Anne d’Autriche. L’infante est ici présentée à Louis XIV.

Louis Marin, dans Détruire la peinture, fait remarquer que le rectangle de lumière au fond de la toile n'est pas une fenêtre mais son reflet dans un miroir. De fait, on ne savait pas faire à l'époque de glaces de grande taille, d'où les croisillons, sur le modèle de ceux qu'on peut voir à la Galerie des glaces : les grands croisillons sont ceux du miroir, les petits ceux de la fenêtre. Marin rapproche ce miroir du fond de celui des Ménines de Vélasquez, peintes une quinzaine d'années plus tôt. Vélasquez serait représenté ici derrière l'Infante. 
Or, contrairement au miroir des Ménines, qui fait apparaître le roi et la reine spectateurs du peintre peignant leur portrait, celui-ci est vide : il ne reflète ni peintre, ni spectateur, qui devraient d'intercaler entre la scène du tableau et la fenêtre, et donc apparaître entre les deux jeux de croisillons.

Le miroir signifie, indique l'écran de la représentation, l'écran qui conditionne le dispositif de la représentation classique : il renvoie à l'extérieur de la peinture, à la place du spectateur et en même temps il nie, il supprime cette extériorité, cette place, et fonde l'autonomie de la représentation sur cette négation. 

Voir également l'analyse de Pierre Delain sur idixa, qui fait remarquer que le rideau qui encadre la scène est à la fois un rideau d'apparat, réellement présent lors de la rencontre, et un rideau cadre, par lequel le peintre délimite la scène de la représentation. Mais l'apparat ne consistait-il pas précisément déjà, dès le départ, dans cette délimitation scénographique ?

Annotations :

2. Tableau exécuté par Simon Renard de Saint-André d'après un dessin de Charles Le Brun. Commandé par Louis XIV pour la manufacture royale des Gobelins, carton de tapiserie destiné à la suite de l’Histoire du roi.

3. Le tableau sera tissé par les artisans de la tapisserie des Gobelins entre 1665 et 1672.
Gravure par Jeaurat en 1724
Copie-réduction de ce tableau (89,1x130 cm)réalisée par Jacques Laumosnier au début du XVIIIe siècle, conservée au musée Tessé du Mans.
L'image présentée sur le site du château de Versailles est inversée (infante à gauche).