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Hercule à la croisée des chemins - Gerolamo di Benvenuto

Notice #013922

Image HD

Auteur(s) :
Gerolamo di Benvenuto (1470-1527)
Date :
1500
Nature de l'image :
Peinture sur bois
Sujet de l'image :
Sujet allégorique. Hercule entre le vice et la vertu
Lieu de conservation :
Venise, Ca’ d’Oro, collection G. Franchetti
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
cat. 87.2
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Hercule, vêtu d’un simple voile translucide (il n’a pas encore choisi son vêtement, son éthos), est sollicité par deux femmes : à gauche Minerve est postée devant le chemin de la vertu, dont l’aridité est symbolisée par les lions qui y sont installés. A droite, vêtue de vêtements plus clairs, Vénus indique à Hercule le chemin du vice, symbolisé par un étang à l’arrière-plan où deux couples nus se baignent. Le premier jeune homme visible de dos ressemble fort à Hercule… Derrière, tout au fond à droite, un bourg sur une colline semble indiquer que le chemin de la ville est le chemin du vice…
    Le jeune homme penché d’un nuage au-dessus d’Hercule et tenant une flamme dans sa paume droite ouverte est sans doute le daimon d’Hercule, indiquant le choix qu’il fait : le choix de la paume ouverte et levée, tenant la flamme de la vertu, contre le choix de la paume gauche abaissée, qui ne tient rien.
    Il n’y a pas à proprement parler, dans l’image, de chemin qui bifurquerait à partir d’une route empruntée par Hercule (comme le suggère le récit allégorique tardif sur lequel s’appuie cette représentation, cf. Panofsky), mais plutôt d’un côté un horizon obstrué, de l’autre un horizon ouvert, dont le jeu différentiel donne pour l’œil l’effet de perspective. L’œil est sommé d’entrer dans la prodondeur de la représentation et en même temps arrêté dans ce mouvement, l’arrêt constituant la scène, selon la logique ambivalente de l’intersecteur. (Le De pictura d’Alberti est contemporain de ce tableau.)
    Cette disposition du paysage est topique à la Renaissance. Mais paradoxalement ici la profondeur est associée au vice: ce sera plutôt le contraire dans les représentations ultérieures du choix d’Hercule.
   
   L’absence de route rend problématique le titre italien du tableau, « Ercole al bivio ». Faudrait-il lui préférer la formulation française plus abstraite, « Le choix d’Hercule » ? Le tableau se situe entre deux : le choix renvoie au message et à la structure allégoriques de la représentation ; le bivio traduit dans l’espace le choix, le scénarise, et marque l’entrée de la peinture dans une sémiologie et un dispositif de la scène.
   
Annotations :
2. Plateau de noces.
3. Pendant : La naissance de Jean-Baptiste.
Comparer cet Hercule entre deux femmes au premier homme entre Moïse et Jean-Baptiste.