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La Chatte métamorphosée en femme (Fables de La Fontaine, 1668) - Chauveau

Notice #001582

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, in-4°, Denys Thierry, 1668
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
Date :
1668
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés. Lebaudy in-4 32
Traitement de l'image :
Photo numérique
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :
    Au premier plan, la chatte métamorphosée en femme court après une souris pour la dévorer. Son ombre au sol délimite une tache sombre qui constitue l’espace restreint.    Au fond, dans le lit conjugal, le mari à demi assoupi après avoir fait l’amour appartient à l’espace vague. Il peut à tout moment porter ses regards sur l’abomination qui se joue dans l’espace restreint. Le mari, c’est le réel ; la femme-chat, c’est la fable. Le regard virtuel du mari métaphorise le regard du spectateur-lecteur sur la gravure.    L’acte amoureux a précédé la scène de la chasse à la souris. Il en constitue la circonstance, le cadre et est donc signifié dans et par l’espace vague.
   
   Texte de la fable :
   Un Homme chérissait éperdument sa Chatte,
   Il la trouvait mignonne, et belle, et délicate,
   Qui miaulait d’un ton fort doux : Il était plus fou que les fous.
   Cet Homme donc, par prières, par larmes,
   Par sortilèges et par charmes,
   Fait tant qu’il obtient du Destin
   Que sa Chatte en un beau matin
   Devient femme, et le matin même,
   Maître sot en fait sa moitié.
   Le voilà fou d’amour extrême,
   De fou qu’il était d’amitié.
   Jamais la Dame la plus belle
   Ne charma tant son Favori
   Que fait cette Épouse nouvelle
   Son hypocondre de Mari.
   Il l’amadoue, elle le flatte ;
   Il n’y trouve plus rien de Chatte,
   Et poussant l’erreur jusqu’au bout,
   La croit femme en tout et partout,
   Lorsque quelques Souris qui rongeaient de la natte
   Troublèrent le plaisir des nouveaux mariés.
   Aussitôt la Femme est sur pieds.
   Elle manqua son aventure.
   Souris de revenir, Femme d’être en posture.
   Pour cette fois, elle accourut à point ;
   Car ayant changé de figure,
   Les Souris ne la craignaient point.
   Ce lui fut toujours une amorce,
   Tant le naturel a de force.
   Il se moque de tout, certain âge accompli.
   Le vase est imbibé, l’étoffe a pris son pli.
   En vain de son train ordinaire
   On le veut désaccoutumer.
   Quelque chose qu’on puisse faire,
   On ne saurait le réformer.
   Coups de fourche ni d’étrivières
   Ne lui font changer de manières ;
   Et, fussiez-vous embâtonnés,
   Jamais vous n’en serez les maîtres.
   Qu’on lui ferme la porte au nez,
   Il reviendra par les fenêtres.
Annotations :
1. Signé en bas à droite « F. C. »
2. Livre II, Fable 18.