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Le Singe et le chat (Fables de La Fontaine, 1679, 4eP) - Chauveau

Notice #001587

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, 4e p., Thierry&Barbin, 1679
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
Entre 1678 et 1679
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
B241
Traitement de l'image :
Scanner
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :
Au premier plan à droite, le singe se dépêche de manger les marrons que le chat, au centre, est en train de tirer du feu. Ils constituent l’espace restreint, matérialisé par une zone plus claire, éclairée par le feu. La table à gauche, le coffre au fond, le montant de la cheminée à droite achèvent de circonscrire cet espace. Au fond à gauche, une lingère pénètre dans la salle : depuis l’espace vague du réel, elle fait effraction dans l’espace restreint de la scène, où se joue le dialogue du singe et du chat.
   
   Texte de la fable :
   Bertrand avec Raton, l’un singe et l’autre chat,
   Commensaux d’un logis, avaient un commun maître.
   D’animaux malfaisants c’était un très bon plat :
   Ils n’y craignaient tous deux aucun, quel qu’il pût être.
   Trouvait-on quelque chose au logis de gâté,
   L’on ne s’en prenait point aux gens du voisinage :
   Bertrand dérobait tout : Raton, de son côté,
   Etait moins attentif aux souris qu’au fromage.
   Un jour, au coin du feu, nos deux maîtres fripons
    Regardaient rôtir des marrons.
   Les escroquer était une très bonne affaire
Nos galands y voyaient double profit à faire,
Leur bien premièrement, et puis le mal d’autrui.
Bertrand dit à Raton : Frère, il faut aujourd’hui 
          Que tu fasses un coup de maître.
Tire-moi ces marrons ; si Dieu m’avait fait naître 
          Propre à tirer marrons du feu,
          Certes marrons verraient beau jeu.
Aussitôt fait que dit : Raton avec sa patte,
          D’une manière délicate,
Écarte un peu la cendre, et retire les doigts, 
          Puis les reporte à plusieurs fois ;
Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque. 
          Et cependant Bertrand les croque.
Une servante vient : adieu mes gens. Raton
         N’était pas content, ce dit-on,
Aussi ne le sont pas la plupart de ces Princes 
          Qui, flattés d’un pareil emploi,
          Vont s’échauder en des Provinces,
          Pour le profit de quelque Roi.
Annotations :
1. Signé en bas au centre : F. C.