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Dorinde montre à Mérindor son visage vérolé (L’Astrée, 1733, IV, 4) - Guélard
Dorinde montre à Mérindor son visage vérolé (L’Astrée, 1733, IV, 4) - Guélard

Notice #016258

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Guélard, Jean-Baptiste Antoine, grav. parisien actif 1730-1755
Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7044
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :

Histoire de Dorinde, de Périandre, de Mérindor et de Bellimarte.
   
   L’hsitoire est racontée par Dorinde. Pendant qu’elle est atteinte de la vérole, Mérindor tombe follement amoureux d’elle.
   
    « Mais Merindor qui sembloit avoir en mon mal augmenté l’affection qu’il avoit auparavant pour moy, et qui ne bougeoit de mon antichambre, avec diverses sortes de musique, ainsi que je vous ay dit, un jour que j’estois seule avec cette fille qui avoit parlé à Periandre, et que la porte estoit mal fermée, il entra si promptement où nous estions, qu’il fust plustost à genoux devant moy que je n’y eus pris garde. De fortune j’avois le masque sur le visage, mais je ne me pouvois cacher les yeux, sinon avec les mains, et les mains estoient si gastées, que j’avois honte de les montrer, n’ayant eu le loisir de mettre mes gands. Si je fus surprise, vous le pouvez penser, je fis tout ce qui me fut possible pour me sauver dans un cabinet qui touchoit mon lict, mais il m’embrassa de telle sorte les jambes, qu’il me fut impossible de me bouger du siege où il m’avoit trouvée. – Mon Dieu ! Merindor, luy dis-je, que vostre curiosité m’importune, et que vous m’eussiez fait de plaisir de ne vous souvenir non plus de moy que Periandre ! »
   
   Dorinde dissuade Merindor de l’aimer car elle est défigurée. Merindor lui jure que cela n’altère nullement son amour.
   
    « A ce mot je détachay l’épingle qui tenoit mon masque, et luy fis voir ce visage qui ne retenoit rien de celuy que je soulois avoir, que le nom de visage seulement ; ce que je fis avec ce dessein que me voyant telle que j’estois, il perdroit l’amour qu’il avoit pour moy, et par ainsi je n’en serois plus importunée ny trompée, ou bien s’il continuoit à m’aymer, je pourrois avoir assurance que jamais ma laideur ne le feroit changer, estant impossible que je pusse empirer. Je pris garde qu’aussi-tost qu’il me vid il demeura muet et grandement estonné, et incontinent les larmes luy vindrent aux yeux, ne s’en pouvant empescher, quelque contrainte qu’il se fit, mais peu apres il reprit la parole de cette sorte : J’avoue, madame, que le mal veritablement vous a plus mal traittée, que personne sans vous avoir veue ne sçauroit imaginer, mais que ce changement puisse me divertir de l’affection que je vous porte, si vous le croyez, madame, vous ne me faites pas une petite offence, outre qu’il sembleroit qu’en cette opinion vous voulussiez approuver l’action de Periandre, ou pour le moins l’excuser. Soyez desormais assurée, je vous supplie, que la mort seule, et non pas les accidens de la fortune a le pouvoir d’amortir cette flame, que vos vertus et vos merites ont allumée en Merindor. »

Annotations :

1. Signé sous la gravure à droite « Guélard sc. »