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Célidée guérie (L’Astrée, 1733, V, 5) - Rigaud

Notice #016271

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Rigaud, Jacques (vers 1681-1754)
Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7045
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
A gauche, Thamyre soulève les rideaux du lit, pensant y trouver Célidée.
   Mais Célidée, guérie de ses propres blessures, s’avance avec Adamas.
   
   La veille, Célidée a constaté à son miroir que ses blessures au visage guérissaient miraculeusement. Adamas présente d’abord Célidée à Thamyre comme étant la sœur de cette denrière,. Thamyre, qui croit Célidée encore défigurée, ne la reconnaît pas. Il se rend alors dans la chambre de Célidée :
   
    « A peine le Druide eut fait ce dessein que Thamire entra avecque Alcandre, Sileine, Lucindor, Calidon, Lycidas, Tomantes, Hylas, et quelques autres. Soudain qu’ils furent dans la sale, ils saluerent Bellinde, mais Adamas prenant Thamire par la main, le mena où estoit Celidée, et luy fit accroire que c’estoit sa sœur, que Bellinde avoit amenée. Thamire le crut d’autant plus facilement, qu’il estoit vray que Celídée en avoit une, et qu’il voyoit sur son visage presque les mesmes traits qu’il avoit autrefois adorez en sa maistresse. Il s’en approcha donc, et apres luy avoir fait les plus grandes caresses qu’il put, luy demanda si elle n’avoit point encore veu Celidée.
   Cette belle bergere sousrit en cet instant, et fut sur le point de parler, mais le Druide qui eut peur qu’il la recogneut à la voix, prit la parole, et luy dit qu’elle l’avoit veue vrayment, mais qu’elle n’avoit pas esté long-temps aupres d’elle, à cause d’un mal qui luy estoit survenu, pour lequel elle avoit demandé qu’on la laissast un peu en repos.
   Ces dernieres paroles mirent Thamire en peine, et furent cause que laissant la compagnie il monta le degré, et s’en alla dans la chambre où il croyoit que Celidée reposast. La premiere chose qu’il fit, ce fut de prester l’oreille pour escouter s’il entendroit plaindre, mais ne pouvant rien ouyr, il s’approcha tout à fait du lict, dont les rideaux estoient fermez, et n’osant pas presque respirer, de peur de faire trop de bruit, il taschoit de se faire un peu de jour, afin de la voir au visage. Adamas cependant qui l’avoit suivy, tenoit Celidée par la main, et regardant du seuil de la porte la contenance de Thamire, se mit à rire de le voir si fort empesché ; dequoy le berger s’appercevant : Peut-estre, luy dit-il, vous riez de me voir chercher Celidée que vous avez fait cacher en quelque lieu ? Le Druide alors, entrant dans la chambre : Tant s’en faut, luy respondit-il, que je voulusse vous la cacher, que je vous l’ameine au meilleur estat où elle fust jamais.
   A ce Thamire demeura tout confus, ne pouvant pas bien entendre ce qu’il vouloit dire, mais Celidée luy sautant au col, et le baisant : Quoy, luy dit-elle, Thamire, tenez-vous si peu
   compte du presant qu’on vous fait, que vous ne daigniez pas seulement remercier celuy qui vous le donne ? A quoy servoit cet extreme soing que vous faisiez paroistre pour me voir dans ma premiere beauté, si maintenant qu’elle m’a été rendue, vous ne voulez pas mesmes la cognoistre ? A cette voix Thamire se détrompa entierement, et la serrant entre ses bras : O dieux ! dit-il, ô Damon, quelles graces ne vous dois-je pas, pour la faveur que vous m’avez accordée ? »
Annotations :
1. Signé sous la gravure à gauche « J. Rigaud. In. S. » (invenit et sculpsit).