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Les Anglais demandent pardon à Aurengzeb (Histoire des deux Indes, 1781) - Moreau le Jeune
Les Anglais demandent pardon à Aurengzeb (Histoire des deux Indes, 1781) - Moreau le Jeune

Notice #018807

Image HD

Série de l'image :
Raynal, Histoire des deux Indes, Genève, Pellet, 1781
Auteur(s) :
Moreau le jeune, Jean Michel (1741-1814)
Date :
1780
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Histoire moderne. 18e siècle
Lieu de conservation :
Collection particulière
Traitement de l'image :
Photo numérique
Localisation de la reproduction :
Collection particulière (Cachan)

Analyse

Analyse de l'image :

Aurengzeb est le souverain de l'empire moghol de 1658 à 1707, et le dernier des Grands Moghols. Sous son règne, Josias Child, directeur de la Compagnie anglaise des Indes, ordonne à son frère de frustrer les prêteurs de leur créance. Un horrible brigandage est exercé dans tout l'Indoustan et une flotte chargée de vivres pour l'armée Mogole est saisie.

« Aurengzeb, qui tenoit les rênes de l’empire d’une main ferme, ne différa pas d’un moment la punition d’un si grand outrage. Un de ses lieutenans débarque au commencement de 1689, avec vingt-mille hommes à Bombay, isle importante du Malabar, qu’une princesse de Portugal avoit apportée en dot à Charles II, & que ce monarque avoit cédée à la compagnie en 1668. À l’approche de l’ennemi, l’on abandonne le fort de Magazan avec tant de précipitation, qu’on y oublie de l’argent, des vivres, pluſieurs caisses remplies d’armes, & quatorze pièces de gros canon. Le général Indien, enhardi par ce premier avantage, attaque les Anglois dans la plaine, les bat & les réduit à se renfermer tous dans la principale forteresse, où il les investit, & où il espère les forcer bientôt de se rendre.
Child, aussi lâche dans le danger qu’il avoit paru audacieux dans ses pirateries, envoie sur le champ des députés à la cour, pour y demander grâce. Après bien des supplications, bien des bassesses, ces Anglois sont admis devant l’empereur, les mains liées & la face prosternée contre terre. Aurengzeb, qui vouloit conserver une liaison qu’il croyoit utile à ses états, ne fut pas inflexible. Après avoir parlé en souverain irrité, en souverain qui pouvoit & devoit peut-être se venger, il céda au repentir & aux soumissions. L’éloignement de l’auteur des troubles, un dédommagement convenable pour ceux de ses sujets qu’on avoit pillés : tels furent les actes de jsſtice auxquels le despote, le plus absolu qui fut jamais, réduisit ses volontés suprêmes. À ces conditions si modérées, il fut permis aux Anglois de continuer à jouir des privilèges qu’ils avoient obtenus dans les rades Mogoles, à des époques différentes.

Annotations :

1. La gravure n'est pas signée. Réimpression probable de la gravure de 1780 chez le même éditeur, signée Moreau le Jeune.