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Saturnin confesseur et sa dévote (Mémoires de Saturnin, 1786-7) - Borel
Saturnin confesseur et sa dévote (Mémoires de Saturnin, 1786-7) - Borel

Notice #018942

Image HD

Série de l'image :
Mémoires de Saturnin, écrits par lui-même, Londres, 1786-1787
Auteur(s) :
Borel, Antoine (1743-1810)
Elluin, François-Rolland (1745-1810)
Date :
1786
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
ENFER-889
Traitement de l'image :
Image web
Localisation de la reproduction :
https://gallica.bnf.fr

Analyse

Analyse de l'image :

Saturnin est formé et promu au poste de confesseur par le vieux père Siméon (Pléiade, p. 464). Une vieille se présente d'abord, qui s'attache immédiatement à lui. Elle lui parle de sa fille, fort dévote (p. 469), une brune piquante assidue à la messe. Un jour, de retour de promenade, Saturnin trouve la belle dévote qui l'attend au parloir ; elle se jette à ses pieds, s'évanouit dans ses bras…

Elle voulut parler, ses sanglots l'en empêchèrent, elle tomba évanouie dans mes bras ; embarrassé de cet accident, j'aurais été assez sot pour aller chercher du secours ; déjà même j'avais fait quelques pas, la réflexion me fit revenir : « Où vas-tu me dit-elle, attendus-tu une plus belle occasion ? » Je m'approchai de ma dévote, je ma délaçai, je lui découvris la gorge : jamais plus beau sein ne s'était offert à ma vue ; en écartant sa robe et sa chemise, je crus ouvrir le paradis. Je fixai mes yeux sur deux globes gros, blancs et fermes comme le marbre : j'avais beau les presser, je ne pouvais les faire toucher, je les baisais, je mes pressais contre mes joues, je collais ma bouche sur sa bouche, je réchauffais son souffle. Sur-le-champ emporté par un mouvement dont je n'aurais pu me rendre raison à moi-même, je courus à la porte de la rue : j'affectai de l'ouvrir et de la refermer, comme si je venais de conduire quelqu'un dehors, je revins à ma dévote, je la pris dans mes bras, je la pressai amoureusement : une palpitation subite me saisit, je la quittai, je restai tremblant à la considérer, et tout à coup soufflant ma lumière, je repris ma chère dévote dans mes bras : « Amour, m'écriai-je, seconde-moi. » Je gagnai ma chambre avec ce cher fardeau. Dieux, qu'il était léger ! Je le mets sur mon lit, je ferme ma porte, je rallume ma bougie, et je reviens plus tremblant que je ne l'avais encore été, considérer ma proie, tous mes mouvements ne lui avaient pas fait reprendre ses esprits. Je découvre toute sa gorge, je lève ses jupes, j'écarte ses cuisses, un sentiment délicieux combat contre ma lubricité : je m'arrête, j'examine, j'admire ! Quel voluptueux spectacle ! L'Amour et les Grâces se trouvaient sur toutes les parties de son corps : blancheur, embonpoint, fermeté, délicatesse, tout y charmait, tout était fait au tour. Le blanc parsemé de petites veines bleues, qui montraient la finesse de la peau, le noir d'un poil plus doux que le velours, le vermeil d'un con ménagé avec les nuances les plus heureuses, formaient un contraste parfait, et me faisaient douter laquelle de ces couleurs contribuait le plus à la perfection d'un tableau qui m'enchantait.