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Fontaine ridicule (Songe de Poliphile, 1546, F28r) - Jean Goujon

Notice #001922

Image HD

Série de l'image :
F. Colonna, Le Songe de Poliphile, Paris, J. Keruer, 1546
Auteur(s) :
Goujon, Jean (1510-1566)
1546
Nature de l'image :
Gravure sur bois
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
RES G-Y2-41
Sujet de recherche :
Iconographie du Roland furieux
Traitement de l'image :
Image web
Localisation de la reproduction :
https://gallica.bnf.fr

Analyse

Analyse de l'image :
Acoé, l’une des cinq demoiselles qui ont conduit Poliphile au bain, demande à ce dernier de lui porter de l’eau fraîche dans une coupe de cristal. Au moment où le narrateur s’approche, l’enfant lui pisse dessus. Le dispositif est d’autant plus subversif qu’il reproduit celui du tabernacle. Les deux nymphes remplacent les deux chérubins, tandis que l’enfant pissant occupe la place de Dieu dans le Saint des Saints. Le voile qui sépare le Saint du saint des Saints n’est pas ici noué, comme traditionnellement dans l’iconographie chrétienne, mais rayéepar le jet insolent du bambin...
Annotations :
1. L’inscription grecque sur l’entablement du fronton de la fontaine, GELOIASTOS, signifierait « risible ». « En cette fontaine étaient deux nymphes, quelque peu moins grandes que le naturel, vêtues d’un habillement volant et ouvert au long des cuisses, les manches rebrassées jusques aux épaules, et les bras nus, qu’il faisait fort bon voir, soutenant un petit enfant qui avait ses deux pieds posés sur leurs mains, à savoir le droit sur la main gauche de l’autre, et le senestre sur la main droite de l’autre. Les visages des trois semblaient rire à bon escient. Ces nymphes levaient, de leurs autres deux mains, les vêtements de cet enfant et le découvraient jusques à la ceinture par-dessus le nombril. Il tenait à ses deux mains sa petite quinette et pissait de l’eau froide comme glace, qui se mêlait parmi la chaude pour l’attremper et attiédir. »